10 juillet 2019 : le CNSR s'est enfin réuni

Les 67 membres du CNSR se sont réunis le 9 juillet 2019 en séance plénière. Cette séance a permis d'examiner et d'adopter huit recommandations à l'intention du gouvernement, issues du travail effectué par quatre commissions : 1- Usagers vulnérables, 2- Education,  3 - Infrastructures et nouvelles technologie et 4- Santé. La première recommandation vise à lutter contre la circulation à contresens sur les routes à chaussées séparées. A l'origine d'environ 25 morts par an, il est proposé des mesures concrètes de prévention pour prévenir au mieux dans les conditions les plus à risque (conduite nocturne et personnes âgées « désorientées »)  des signalisations spécifiques et la généralisation de messages d'alerte et de prévention.

La seconde recommandation est de créer un observatoire des modes de déplacement doux. Ces observatoires devraient permettre de mettre en place une méthodologie d'observation afin de centraliser des données et des études pour jauger l'exacte ampleur de ces modes de déplacement et identifier les nouvelles vulnérabilités qui émergent. À terme cette connaissance permettra de déployer des actions correctives ciblées au niveau de la sécurité.

La troisième recommandation a pour objectif d'impliquer les constructeurs dans l'information et la formation à la bonne utilisation des aides à la conduite Alors que de plus en en plus de véhicules sont équipés de dispositifs d'aide à la conduite (ADAS), comme par exemple le régulateur adaptatif de vitesse, le « Lane Departure Warning » ou le freinage d'urgence automatisé, il semble essentiel d'agir en faveur d'un emploi correct et éclairé de ces derniers par les conducteurs. Pour y parvenir, cette recommandation propose d'inciter les constructeurs à s'engager dans le
financement et la diffusion de tutoriels qui seraient mis à disposition des conducteurs sur une plateforme officielle dédiée.

La quatrième recommandation a pour objectif de préserver la mobilité et la conduite des seniors. La recommandation démontre qu'il n'y a pas d'efficacité à mettre en place des visites médicales systématiques et obligatoires à partir d'un certain âge. Elle promeut le repérage des situations à risque, les auto-évaluations, les bilans de compétences et les remises à niveau des connaissances en fonction de l'avancée en âge et pouvant déboucher sur des alternatives à la conduite individuellement acceptées.

La cinquième recommandation vise à sensibiliser au risque routier professionnel les personnels entrant dans l'entreprise en proposant une méthode et des outils pratiques à définir avec l'appui des branches professionnelles.

La sixième recommandation cherche à définir un cadre d'évaluation pour les expérimentations de véhicules à délégation de conduite (dits autonomes) sur les voies ouvertes à la circulation.

La septième recommandation propose trois objectifs afin d'améliorer la protection des cyclistes : étendre le continuum éducatif cycliste bien au-delà des seuls jeunes, comme c'est actuellement le cas en proposant de mieux former les adultes et les seniors à une pratique sécurisée du vélo, sensibiliser davantage les autres usagers de la route pour un meilleur partage de l'espace avec les cyclistes, compte tenu de leur vulnérabilité, intensifier le développement de pistes cyclables conçues, aménagées et entretenues selon les standards des pays européens « en pointe » en ce domaine (Pays-Bas, Danemark, Suisse...).

Enfin, la dernière recommandation demande une formation  aux gestes qui sauvent sur la route. Cette formation reposerait sur un volet théorique (à distance à l'aide de tutoriels adaptés) suivi d'un volet pratique (2 heures de formation en présentiel et dispensé par des organismes agréés pour l'enseignement du secourisme). La validation de cette formation serait un prérequis pour passer l'épreuve pratique du permis.

Par ailleurs le comité des experts, comité scientifique et technique indépendant, composé de 15 membres auprès du CNSR et du Délégué interministériel à la sécurité routière, a présenté quatre rapports

Les engins de déplacement personnel électriques.

L'accidentologie des piétons : enjeux et recommandations.

Les enjeux de sécurité routière de l'automatisation de la conduite et les besoins en données pour mesurer son impact.

Dérogation à la vitesse maximale autorisée de 80 km/h sur les routes bidirectionnelles sans séparateur central : éléments d'aide à la décision.

Somnolence et risque accidentel


Enfin, cette séance fut le moment de la mise en ligne du site du CNSR rénové avec une nouvelle adresse.


Commentaires :


Renouvelé fin 2016, le CNSR s'est réuni début avril 2017 pour définir sa feuille de route. Il rend sa copie deux ans après en présentant huit recommandations finalement très peu ambitieuses et qui auront, si elles sont suivies d'effet, peu d'impact sur l'accidentalité. Le CNSR est normalement sensé se réunir deux fois par an au cours des trois ans de mandat de ses membres. Au final, les commissions qui seront, elles, réunies, à un rythme d'une séance toutes les six semaines, auront vu leur travail édulcoré. De surcroît, entre-temps, un CISR s'est réuni pour annoncer un train de mesures qui n'auront pas été examinées par ces commissions.

Le côté positif de ce mandat du CNSR sera la production du comité des experts qui apporte un éclairage construit et argumenté sur quatre sujets, ce qui change beaucoup des discussions de café du commerce qui ont été entendu, notamment sur les médias, qui semblent ignorer cette expertise.


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