Octobre 2018

5 octobre : nouvelle campagne de sécurité routière

La Sécurité Routière (DSR) a lancé en ce début octobre une nouvelle communication. Cette dernière a pour objectif de sensibiliser sur les dangers de la vitesse et de la conduite agressive. Pour ce faire,  la Sécurité routière recommande aux Français de suivre les conseils d'un nouveau personnage appelé professeur Slow. Ce personnage a pour mission notamment à travers de courtes vidéos animées d' inciter les conducteur à adopter une « slow attitude » en se ponctuant de slogan comme « la vie appartient à ceux qui lèvent le pied », « qui fait attention, n'appuie pas sur le champignon », « qui roule trop vite, sa vision limite »,

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Cette campagne marque un retour vers des campagnes un peu plus légères pour ne pas dire puéril après la période qui n'est pas abandonnée de campagnes sur le registre émotionnel. Ces campagnes permettent d'occuper l'espace médiatique mais leurs effets sont très relatifs (lire le débat) au regard de l'objectif de faire en sorte que les conducteurs et conductrices adoptent un bon comportement. Des études ont montrés que ces campagnes attirent l'attention que des personnes déjà sensibilisées aux questions de sécurité routière. Il est probable que l'argent dédié à ces campagnes serait beaucoup plus utile à faire connaître les nouvelles règles du code de la route qui ont fait flores ces trois dernières années et qui sont méconnues de la plupart des automobilistes. Un effort particulier a été fait pour l'introduction du 80 km/h pour expliquer la mesure et la faire mieux adopter. Un effort serait à faire par exemple pour faire connaître les nouvelles règles concernant les cyclistes que ne connaissent ni les cyclistes occasionnels, ni les automobilistes, ni les piétons alors qu'il s'agit pour les cyclistes de l'autorisation de remonter de sens unique ou de franchissement de feux
4 octobre : Nomination d'un coordinateur européende la sécurité routièreLa commission européenne aux Transports vient de nommer Matthew Baldwin au poste de coordinateur européen de la sécurité routière. Sa mission sera de faire avancer la nouvelle stratégie en matière de sécurité routière au niveau européen. Ce rôle implique la coordination des efforts en matière de sécurité routière avec les États membres, le Parlement européen, les villes, les régions et tous les acteurs de la communauté de la sécurité routière. L'objectif du coordinateur européen de la sécurité routière a pour objectif de réinscrire fermement la sécurité routière dans l'agenda des décideurs et des organisations clés de l'UE

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Cette nomination nous rappelle que la Sécurité routière fait partie des compétences de l'Union européenne. De nombreuses mesures ont été prises depuis plus de vingt ans sous la forme de directives que les Etats membres doivent mettre en application. Parmi ces mesures figurent la formation des apprentis conducteurs ou encore les audits de sécurité des infrastructures ou plus récemment les obligations pour les véhicules d'être doté de certaines aides à la conduite ou encore les échanges frontaliers en matière d'infraction.

On déplore sur les routes de l'Union plus de 25 000 décès par an. La Commission a fixé comme objectif de réduire de moitié le nombre de morts (objectif initialement fixé à 2020. Elle a ajouté un nouvel objectif de réduire aussi de moitié le nombre de blessés graves dans le même temps. Ell a pour ce faire harmoniser la définition de ces blessés qui était hétérogène d'un Etats à l'autre (définition MAIS3+). Elle  a fait sienne la vision zéro initiée par Suède, à savoir zéro décès d'ici 2050.

2 Octobre : Publication du docement Piétons et chantiers urbains

Le CEREMA vient de  publier un ouvrage qui présente des recommandations et des retours d'expériences relatifs à la prise en compte des piétons en phase chantier tant sur un plan technique qu'organisationnel. Cet ouvrage s'adresse aux techniciens des collectivités locales et aux maîtres d'œuvre réalisant les travaux, Il rappelle les enjeux et la réglementation relative à l'accessibilité et à la signalisation temporaire.

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Cet ouvrage est le bienvenu tant il est courant de voir des chantiers urbains où la circulation des piétons n'est pas prise en compte sauf à leur proposer de changer de trottoir. De surcroît ces chantiers se multiplient qu'ils concernent la voirie elle-même et les réseaux qu'elle supporte, ou qu'ils soient liés à des opérations de construction, de rénovation ou d'entre­tien de bâtiments. Ces travaux perturbent significativement les cheminements pour les piétons : empiétement sur les trottoirs, modification d'une traversée piétonne, déplacement d'un arrêt de bus, déviation, etc. Le document tente de répondre aux questions suivantes : Comment limiter l'impact des chantiers urbains sur les circulations piétonnes ? Comment maintenir l'accessibilité de la voirie et des espaces publics pendant les travaux, sans oublier de répondre aux besoins des plus vulnérables ? Comment assurer l'accès des riverains, et traiter les abords des commerces, des établissements recevant du public, des arrêts de transport ? Le document rappelle les enjeux et la réglementation relative à l'accessibilité et à la signalisation temporaire.

On ne peut que regretter que les documents du CEREMA ne soient pas opposables pour qu'effectivement les bonnes pratiques soient mises en œuvre. On peut également se demander pourquoi la sécurité hors chantier ne fait pas l'objet d'un contrôle obligatoire par un organisme extérieur. A noter que ce contrôle pour les opérations qui ne concernent pas la voirie est rarement fait par les services techniques alors même qu'ils ont délivré à l'organisme effectuant les travaux une autorisation administrative temporaire d'occupation de la voirie


1er octobre : Publication d'une analyse de l'accidentalité cycliste

Cette étude a pour objectif l'analyse des accidents impliquant un cycliste présents dans la base VOIESUR. Les typologies des accidents mortels avec cycliste sont décrites ainsi que les usagers impliqués dans ces accidents (âge, sexe, profession, port des équipements de sécurité,...). Il ressort de cette étude quelques enseignements : Une grande majorité des accidents en section courante sont du type « un véhicule heurte l'arrière du cycliste. Dans la totalité des cas, c'est le cycliste tué qui a été. Un autre scénario est celui du type « un cycliste se déporte vers la voie adverse alors qu'un véhicule arrive en sens inverse ». En intersection, il s'agit souvent d'un cycliste tournant à gauche. Un autre scénario est un cycliste seul en descente qui chute. Près d'un cycliste tué sur deux est un retraité. Dans un accident sur quatre, il s 'agissait  d'un trajet « loisirs, promenade », emprunté fréquemment voire quotidiennement. 42 % des cyclistes tués étaient responsables et déclencheurs de l'accident. En ce qui concerne le port du casque, on constate des différences significatives entre les hommes et les femmes cyclistes décédées, la quasi-totalité des femmes décédées ne portaient pas de casque.

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Le bulletin d'analyse des accidents corporels décrit de façon factuelle un accident (lieu, usagers, véhicules). L'exploitation statistique de ces bulletins donne un image quantitative de l'accidentalité. Cette dernière ne suffit pas pour en connaître les principaux facteurs. Une méthode pour y parvenir consiste à faire une analyse lexicale des procès-verbaux d'accident. C'est l'objet du projet de recherche VOIESUR ( pour  (Véhicule Occupant Infrastructure Études de la Sécurité des Usagers de la Route) financé dans le cadre du programme Transports Terrestres Durables 2011 et de l'appel à projet de l'agence national de la recherche (ANR). Ce projet a été piloté par le CEESAR et trois autres partenaires (le LAB, le CEREMA Normandie et l'IFSTTAR)  Ce projet a consisté à analyser les procès-verbaux des accidents corporels de la circulation de 2011 en France métropolitaine transposés en base de données à partir de la quasi-exhaustivité des accidents mortels de l'année 2011 (environ 3 600), d'un tirage aléatoire représentatif des accidents corporels (1/20 soit environ 2 700) ainsi que des accidents inscrits au registre du Rhône (environ 2 100).  L'étude concernant les cyclistes n'est pas la première publication de VOIESUR. Il est dommage que leurs résultats restent confidentiels. Pour autant, la plus-value semble se limiter à l'ébauche de scénario d'accident, cequi nous laisse sur notre faim. De surcroît, l'analyse porte sur une année et explore insuffisamment l'accidentalité en ville en relation avec les aménagements cyclables. Ne pas oublier non plus que près d'un accident sur dix impliquant un cycliste ne fait pas l'objet d'un procès-verbal, les Forces de l'Ordre n'étant pas appelées sur les lieux de l'accident.


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