Juillet 2018

17 juillet: baisse significative de la mortalité de -9,3 % en juin

Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 294  personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en juin 2018. Comparé au mois de juin 2017 où l'on avait déploré 324 morts sur ces routes, 30 personnes de moins ont été tuées, soit baisse de  - 9,3 %. En année glissante sur les 12 derniers mois, la mortalité est en hausse de - 5,1 %. Sur le 1er semestre, elle est en baisse de -6,1%

Commentaires :

La mortalité routière poursuit sa tendance à la baisse amorcée depuis décembre dernier. C'est la quatrième baisse consécutive. Faut-il y voir un effet anticipé de l'obligation de circuler à moins de 80 km/h sur les routes bidirectionnelles de rase campagne ? C'est probable d'autant que la mesure a fait largement la une des médias depuis ce début de l'année. Difficile pour un conducteur de ne pas avoir eu l'information et reçue des messages certes contradictoires sur les effets de la vitesse sur l'accidentalité mais suffisant pour faire réfléchir.

Il y a cependant encore des marges de progrès. D'abord parce que juin 2017 fut très médiocre puisqu'il fut un des plus meurtrier de la décennie, ensuite parce que le week-end de la pentecôte, un des week-ends de l'année les plus meurtriersse situait cette année en mai alors qu'il se situait en juin en 2017. Enfin, parce le moins mauvais mois de juin fut celui de 2016.Nous attendrons avec impatience le baromètre de juillet qui sera publié mi-août pour découvrir l'effet immédiat de la baisse de la vitesse autorisée à 80 km/h, un des mois traditionnellement les plus meurtriers de l'année (lire analyse des mois de juin).


13 juillet : La carte des radars en ligne sur le site de la Sécurité Routière

La Sécurité Routière vient de mettre en ligne la carte des radars fixes qu'ils soient  classique ou à double sens, discriminant, « vitesse moyenne », de feu rouge ou de passage à niveau ainsi que des radars leurres. On en dénombre 3 275 dont 70 radars leurres.

La carte permet de visualiser l'emplacement approximatif du radar et en cliquant sur le pictogramme, de connaître les caractéristiques du radar (département, route), son type (radar fixe classique ou double sens, radar discriminant, radar « vitesse moyenne », radar de feu rouge ou de passage à niveau, itinéraire de contrôle-leurres), ainsi que la date de sa mise en fonction et la vitesse maximale autorisée à cet endroit. Les données publiées sur la carte des radars seront actualisées tous les deux mois.

Commentaires :

Il s'agit d'une très bonne initiative. Cette carte avait déjà été mise en ligne il y a quelques années ainsi que la carte de l'accidentalité. Ces cartes ont été retirées à tort. L'information sur la présence des radars est indispensable pour que les usagers en comprennent mieux l'objectif, qui n'est pas de faire du fric comme le crient les détracteurs du contrôle sanction mais pour épargner des vies. Dans le même esprit, ces radars devraient faire l'objet d'une signalisation d'annonce systématique. Cette information ne devrait pas être uniquement l'apanage des détenteurs de boîtiers ou d'application signalant les radars.


1er juillet 2018 : La mesure limitant la vitesse à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles hors agglomération sans terre-plein central est effective ce dimanche 1er juillet.

Commentaires : Cette mesure suscite encore des oppositions dans les départements et dans les associations d'usagers motorisés, arguant notamment une perte de mobilité en milieu rural. Un recours en conseil d'Etat a même été formulé par 60 députés. Cet argument parait empreint d'une certaine mauvaise fois si on calcule effectivement le temps perdu par rapport au parcours moyen effectué (en moyenne une quarantaine de kilomètres soit une perte de temps possible de l'ordre une minute et demie). La perte de temps ne peut donc pas être un argument sérieux à retenir par le Conseil d'Etat. De surcroît, à cet argument s'oppose celui d'une économie de carburant qui devrait être de l'ordre de 0,5 litres pour 100 km, soit sur une année le gain d'environ un plein d'essence.

L'application de la mesure concerne environ 8 000 km de routes nationales, 360 000 km de routes départementales et plus de 400 000 km de routes vicinales revêtus.   C'est sur les routes principales (routes nationales et routes départementales importantes) que la mesure passe mal, bien que 3 quarts  des vies épargnées par cette mesure le seront sur ces routes.

Un certain nombre de voies peuvent rester à 90 km/h selon le décret du 17 juin (« La vitesse sur les sections de routes comportant au moins deux voies affectées à un même sens de circulation est relevée, sur ces seules voies, à 90 kilomètres/heure »). Ces voies correspondent en général à des zones de dépassement, situées en côte.

Bien sûr, il y a aussi tous les panneaux aux postes frontières à changer qui seront aussi à la charge de l'Etat.
Le Président de la République s'est engagé à évaluer la mesure au bout de deux ans et de la revoir si la mesure ne s'avère pas efficace pour réduire la mortalité routière. Or, dès les premiers mois d'application sur les douze premiers mois la baisse devrait être significative de l'ordre de 5 à 1 0% par mois par rapport au mois de l'année précédente, les experts  estimant une baisse du nombre annuel de tués sur les routes  de l'ordre de 350 à 400 soit une trentaine de moins par mois. Ils ont estimeé qu'une baisse de 1 % des vitesses moyennes  pratiquées engendre une baisse de 4 % de la mortalité (lire le rapport des experts du CNSR).

A compter du 1er juillet 2019 par contre, il faudra que d'autres mesures prévues au dernier CISR produisent également leurs effets.


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