Juin 2017

23 juin : stabilité de la mortalité en mai

Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 294  personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en mai 2017, soit le même nombre qu'en mai 2016. En année glissante sur les 12 derniers mois, le nombre de personnes décédées est de 3 511 en infime baisse de - 0,5%. En revanche, depuis le début de l'année, la mortalité est en hausse de + 1,2%.

Commentaires : A l'exception du mois de février qui a connu un niveau de mortalité très bas, aucun des quatres autres mois n'est à la baisse. Ce constat est inquiétant car il traduit le maintien d'une tendance générale à la hausse de la mortalité routière constatée depuis janvier 2014. Trois catégories d'usagers semblent tirer cette évolution : les usagers des véhicules légers, les piétons et les personnes de plus de 65 ans. Ce constat pourrait laisser penser en première analyse qu'il pourrait y avoir, outre d'autres facteurs plus comportementaux comme la distraction au volant ou conjoncturels comme les conditions météorologiques, un effet plus structurel à cette hausse en relation avec le vieillissement de la popupaltion (lire analyse)


15 juin : Evolution du bulletin d'analyse des accidents de la circulation dit BAAC
Le ministère de l'Intérieur a diffusé le 18 avril 2017 une circulaire portant sur l'évolution du contenu du BAAC. Cette évolution s'inscrit dans un processus de refonte du système d'information de l'accidentalité. Dans cette perspective, le recueil des données d'accident  2017 se fera selon une version dite BAAC 2017


Cette version reprend l'essentiel du BAAC version 2006 avec quelques suppressions de variables et quelques ajouts dans certaines variables. Elle est surtout enrichie de variables manquantes. Cette circulaire est accompagnée d'un guide décrivant chacun des items des variables.


Commentaires :

Cette nouvelle version du BAAC est une vraie bonne surprise. Elle était nécessaire face aux évolutions de la mobilité ces dix dernières années et à la nécessité de mieux mesurer l'impact de certaines caractéristiques de l'accidentalité. Ainsi, les variables suivantes ont été ajoutées : régime de priorité disparu en 2006,  la vitesse maximale autorisée à l'endroit de l'accident, le type de motorisation tenant compte de la circulation des véhicules électriques et hybrides et aussi les facteurs présumés d'accident  lié aux lieux, c'est à dire en relation avec l'état de la route, les facteurs liés aux véhicules (comme incendie du véhicule, éclatement des pneumatiques, ..) et les facteurs liés à l'usager parmi une quinzaine de possibilité (somnolence, distraction, dépassement dangereux, ..).

Des items ont été ajoutés à certaines variables comme les engins de déplacement personnel (EDP) avec et sans moteur.
Enfin des précisions sont apportées par le guide comme celles concernant la classification d'un accident (incluant maintenant tous les accidents où le conducteur aurait été victime d'un malaise avant le choc) ou la définition du piéton, renvoyant tout autre usage non conforme à la définition du code de la route de cet usager dans la catégorie "autres véhicules".


15 juin 2017 : Préparation du Document Général d'Orientation 2018/2022 (DG0)

Le ministère de l'Intérieur a diffusé le 11 avril 2017 une circulaire donnant instructions aux Préfets de département de mettre en chantier l'élaboration du DGO 2018/2022. Ce DGO devra être élaboré d'içi la fin de l'année 2017 afin d'être opérationnel dès le début de l'année 2018. La circulaire identifie les partenaires à associer à ce travail et propose une démarche en deux phases, la phase de diagnostic et la phase de propositions d'action. Un appui méthodologique est donné aux Préfets par l'intermédiaire d'un guide technique.

Commentaires :

Après un certain tatonnement  qui s'était traduit par l'absence de directives aux Préfets pour l'élaboration des DGO 2013/2017, la Sécurité Routière" réactive l'animation de sa politique au niveau départemental.


6 juin 2017 : Suppression de places de stationnement au droit d'un passage piéton à Bar-le-Duc

Le journal l'Est Républicain du 6 juin relate l'initiative de la Ville de Bar le Duc. Cette ville a décidé de faire peindre deux zébras dans une rue (rue du Docteur Nève) en amont d'un passage piéton, pour renforcer la sécurité pour les piétons avec pour conséquence, une réduction du nombre de places de stationnement.

Commentaires :


(crédit Photo - L'Est Républicain)

Saluons cette très bonne initiative. L'article précise que la police municipale a alerté la municipalité qu'un décret existait où il est écrit
qu'il est interdit de stationner à cinq mètres d'un passage piéton, dans le sens de circulation. La municipalité n'a pas souhaité déroger à ce décret, sans craindre de supprimer deux places de stationnement, conscient d'améliorer la visibilité des piétons.

En réalité, le décret n°2015-808 du 2 juillet 2015 relatif au plan d'actions pour les mobilités actives a introduit dans le code de la route une
interdiction pour les conducteurs d'un véhicule de stationner à moins de 5 mètres d'un passage piéton. Pour l'imposer aux collectivités locales, il eut fallu que le Parlement accepte d'introduire cette règle dans le code de la voirie routière. Cette mesure a tout simplement été repoussée par les parlementaires en 2015 alors qu'une amende à l'encontre des conducteurs a été introduite à la même date, dans le cas d'un stationnement à moins de 5 mètres d'un passage piéton (article R 417-11 du code de la route). Cette amende est très lourde puisqu'elle est de 4ème classe. Ne devrait-elle pas s'appliquer aux villes qui autorisent le stationnement (souvent payant) à moins de 5 mètres d'un passage piéton ?

Félicitations donc à la municipalité de Bar le Duc et souhaitons que cette initiative soit largement reprise par les municipalités.


Face à l'évolution des modalités de déplacement en ville, à la place importante que l'on souhaite accorder aux cyclistes, à la difficulté que rencontrent les personnes âgées de plus en plus nombreuses à marcher sur nos trottoirs et à traverser, cette initiative rappellent qu'il est urgent que chaque ville procède à un diagnostic de tous ces carrefours et applique les règles de base pour assurer la sécurité des traversées piétonnes quel que soit le type de carrefour. 






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