Février 2017

20 février 2017 : Expérimentation de la conduite de voitures-radar confiée à des prestataires privés.

Le Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) du 2 octobre 2015 dans sa mesure 2 a demandé d'augmenter dans les meilleurs délais l'utilisation des radars embarqués dans des véhicules banalisés, en confiant leur mise en œuvre à des prestataires agrées, sous étroit contrôle de l'Etat.

Comme suite à cette décision, la Délégation àla sécurité et à la circulation rouières (DSCR) vient d'annoncer le début d'une expérimentation en Normandie qui permettra, au 1er septembre prochain, que la conduite des voitures-radar lancées en 2013 soit effectivement confiée à des prestataires privés. Ce test de plusieurs mois est destiné à permettre l'homologation du nouveau système et ne donnera lieu à aucune contravention. Ce nouveau système consiste à une lecture automatique des panneaux de limitation de vitesse dans le flux de la circulation, ne nécessitant plus d'un opérateur mais seulement d'un conducteur.

Commentaires :

Les premières voitures-radar ont été mises en circulation en mars 2013.  Depuis, 383 ont été mises en circulation réparties sur l'ensemble du territoire. Ces véhicules sont capables de contrôler la vitesse des véhicules tout en roulant dans le flot de la circulation. Jusqu'à maintenant, ces véhicules circulaient avec un équipage de deux policiers ou de deux gendarmes, l'un conduisant et  l'autre réglant la vitesse autorisée à l'endroit traversé, le système embarqué enregistrant automatiquement les dépassements de la vitesse autorisée,

L'objectif de cette innovation est d'optimiser l'usage des voitures-radar et de libérer du temps pour les forces de l'ordre. Jusqu'à présent, ces véhicules étaient peu utilisés (moins de deux heures par jour en moyenne).

Les entreprises agrées seront rémunérées en fonction du nombre d'heures de conduite effectuées. La DSCR assure que les trajets effectués et les plages horaires de contrôle seront fixés par les Préfectures, en fonction des critères d'accidentalité locale, et ne seront en aucun cas laissés à la libre appréciation des entreprises ou de leurs conducteurs. Il serait cependant utile de connaître ces critères sachant qu'il peut y avoir différentes stratégies de contrôle face une accidentalité de plus en plus diffuse.

Le communiqué de presse rappelle que s'agissant de matériel de mesures de la vitesse en déplacement, des marges de tolérance supérieures ont été retenues : 10 kilomètres/heure en plus de la vitesse autorisée, ou 10% selon ce qui est le plus favorable au contrevenant. Toute personne normalement attentive aux limitations de vitesse peut donc rouler sans crainte d'être verbalisée. Se faisant, ce rappel risque d'accréditer l'idée que la limitation de vitesse autorisée est une vitesse conseillée alors qu'elle est
maximale et que le conseil serait de rouler 10 km/h sous cette limite.

Autre question de fond, le contrôle des vitesses par des voitures banalisées est-il efficace à faire réduire les vitesses pratiquées et en conséquence, l'accidentalité ?
Aucune évaluation approfondie n'a jusqu'à présent été produite. Certes, lors des six premiers mois d'expérimentation des voitures-radars en 2013, une baisse significative de la mortalité avait été enregistrée dans les six départements tests. Cette expérimentation avait été accompagnée d'une forte communication. Ce résultat peut-il être maintenu une fois cette communication éteinte ? Rien n'est moins sûr.


14 février : Nouvelle campagne de communication de la Sécurité Routière

Après l'Onde Choc l'année dernière s'intéressant à l'impact de l'accidentalité sur les proches des victimes, la Sécurité routière a confié à Jean-Xavier de LESTRADE (réalisateur de documentaires) la réalisation d'un court-métrage sur les gendarmes chargés d'annoncer aux familles le décès d'un de leur proche dans un accident de la route.

Commentaires :

Les campagnes de communication ont eu pendant longtemps l'objectif de modifier les comportements dans le sens d'un meilleur respect des règles et d'une plus grande responsabilité. « Un verre ça va, deux verres bonjour les dégâts ». est un slogan encore dans toutes les
mémoires. Depuis une dizaine d'année, ces campagnes ont évolué vers une dramatisation dont on peut se poser la question de l'efficacité à obtenir une conduite apaisée. En donnant systématiquement une dimension affective aux messages institutionnels, la Sécurité Routière, ne cherche-t-elle pas plutôt à rappeler simplement à la société mais aussi aux décideurs que l'insécurité
routière reste un enjeu de santé publique à ne pas abandonner ?

L'objectif est louable. Il se traduit par le recours à des professionnels du cinéma dans le but d'avoir des campagnes de communication dont on parle. Il est atteint comme le prouvent les résultats des tests et sondages « post-campagne » qui ont pu mesurer l'intérêt qu'elles
suscitent ainsi que les récompenses dont elles sont souvent l'objet.

Pour autant, ce serait une erreur de croire que qu'elles sont efficaces à modifier  les comportements et à réduire l'accidentalité, seuls critères recevables pour apprécier le succès d'une campagne (lire les campagnes de communication sont-elles efficaces) .

Très peu d'évaluations sont d'ailleurs faites pour mesurer l'impact des trop rares campagnes de communication qui visent à accompagner les mesures réglementaires et à proposer une « éducation routière en continue » des usagers de la route dans une système de circulation en pleine évolution technologique. Qui peut d'ailleurs citer un slogan récent aussi fort, aussi   explicite et hélas toujours d'actualité qu'  « Un petit clic vaut mieux qu'un grand choc »


11 janvier : La tendance à la hausse de la mortalité persiste

Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 257 personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en janvier 2017. Comparé au mois janvier 2016 où l'on avait déploré 236 morts sur ces routes, 21 personnes de plus ont été tuées, soit une hausse de + 8,9%. En année glissante sur les 12 derniers mois, c'est une hausse de +1,6%.

Commentaires :

Janvier démarre sous de mauvais auspices. Les mois de janvier alternent hausse et baisse depuis cinq  ans, traduisant la sensibilité de ce mois aux conditions météorologiques. Néanmoins, janvier 2017 se situe au-dessus de la moyenne de ces mois de janvier qui est de 246. Par ailleurs, depuis janvier 2014, la mortalité est en hausse régulière en moyenne de 2% par an (analyse complète à venir).





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