2 février 2024 : Bilan de l'accidentalité routière 2023

Selon les estimations de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 3 170 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine en 2023, contre 3 267 en 2022 (-97 tués soit -3 %). Le nombre total de blessés2  est estimé à 232 000, en diminution de -1,9 % par rapport à 2022. Le nombre de blessés graves est estimé à 16 000, en diminution de -0,7 % par rapport à 2022.

Ce bilan fait état d’une légère baisse de la mortalité des automobilistes (-3%), des deux-roues motorisés (-2%) et une baisse plus prononcée des cyclistes (-8%) et des piétons (-10%), hausse de la mortalité des utilisateurs d’engins de déplacements personnels motorisés (EDPM).

Parmi les personnes gravement blessées, on dénombre 4 800 automobilises (bilan stable), 5 300 conducteurs de 2R motorisés (bilan stable), 2500 cyclistes (en baisse de 5%), 2000 piétons (bilan stable)

Il apparait de façon significative le bilan des EDPm qui  connaitre une augmentation de leur accidentalité : 42 trottinettistes ont perdu la vie en 2023 contre 35 en 2022. 640 trottinettistes sont blessés gravement, en hausse de +7 %.

La légère baisse de la mortalité en 2023 concerne tous les types de réseaux routiers

Depuis la pandémie, la part des tués en voiture est désormais inférieure à la moitié (48%). Les motocyclistes représentent 22, les piétons 14% et les cyclistes 7%.

Selon la gravité, l’ordre est différent puisque les motocyclistes représentent 34%, les automobilistes 30%, les cyclistes 16% et les piétons 13%

Commentaires :

Peut-on se satisfaire de ce bilan de l’insécurité routière en France puisqu’il reste à un niveau élevé. Certes, la « Sécurité Routière » souligne  que, pour la première fois depuis 1926, le nombre de tués sur les routes est inférieur à 3 200 (hors années Covid). Pour autant, il convient de rappeler que l’objectif a été un moment de passer sous la barre des 2000 tués à l’horizon 2020. Il convient de rappeler qu’en 2021, une nouvelle résolution de la Commission a fixé l’objectif d’atteindre « zéro mort » d’ici 2050 La Commission a déjà présenté́ les mesures d’un plan d’action stratégique sur la sécurité́ routière permettant d’atteindre cet objectif avec une étape intermédiaire, de visant à réduire de 50 % le nombre de décès sur les routes, et de 50 % le nombre de blessés graves pour la période 2021-2030.  

Force est de constater que le dernier comité interministériel à la sécurité routière qui s’est tenu en juillet dernier s’est abstenue d’afficher un quelconque objectif.

Si l’on examine le nombre de tués par millions d’habitants sur les vingt dernières années, la France se situe toujours autour de la moyenne européenne. Elle se fait dépasser de temps en temps par un pays reculant ainsi dans son rang. Elle est au 17ème rang en 2022 contre 14 en 2017. Après l’Espagne qui était loin dernière nous dans les années 90 et qui prétend être dans les cinq premiers, voilà un pays comme la Pologne qui arrive maintenant au même niveau que la France.

Par ailleurs, il est à noter que sur les dix dernières années, seul, la part des tués cyclistes augmente dans des proportions plus rapides d’ailleurs que l’augmentation de leur part modale en trafic. C’est un nouveau souci émergent de sécurité routière en France qui risque de s’aggraver au regard de la volonté d’augmenter la part modale du vélo sans prendre soin de la sécurisation des aménagements et tenir compte du comportement des cyclistes. La question du casque va redevenir d’actualité si l’on regarde l’augmentation des cyclistes gravement blessés.

 

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