Août 2017

10 août : Rencontre de la sécurité fixé du 11 au 14 octobre

Par circulaire du 2 août 2017, le ministre de l'Intérieur annonce les dates des 5ème rencontres de la sécurité. Depuis 2013, précise cette circulaire, les Rencontres de   la sécurité résultent de  la fusion de deux opérations qui étaient organisées de façon distincte par les

mêmes acteurs de terrain, la Semaine de la sécurité routière et la Journéede la sécurité intérieure. Le ministre demande aux Préfets de départements d'organiser cet événement dans votre département selon des modalités permettant aux acteurs de la sécurité, services de l'Etat et leurs partenaires, collectivités, associations, d'aller à la rencontre des citoyens sur les lieux de  vie des différents publics ciblés

(lieux publics, entreprises, écoles, etc.).

Commentaires :

2000 fut l'année de la grande cause nationale visant à  favoriser une prise de conscience des accidents de la route ainsi qu'une
large mobilisation. À cette occasion de multiples initiatives nationales et locales, privées et publiques se sont développées dont la semaine de la sécurité routière. Cette semaine s'est reproduite chaque année pendant dix ans. Elle permettait une forte mobilisation dans les départements sur cette thématique de tous  les acteurs de la sécurité routière. Cette semaine fut ensuite absorbée par celle sur  la mobilité ce qui avait du sens, la sécurité des usagers étant une composante d'une mobilité durable. Le passage de la Sécurité routière au ministère de l'Intérieur a fait de la sécurité routière  un volet mineur de la sécurité intérieure. Sauf à considérer tous les auteurs responsables d'accident comme des délinquants, ce qui est très  loin d'être le cas, il parait délicat de mettre au même niveau de discussion sécurité routière, terrorisme et cyberattaque.

Par ailleurs, ces rencontres pour la sécurité routière perdent leur dimension  interministérielle puisqu'elles semblent n'impliquer que la sécurité civile.
La lecture du rapport du BEA-TT sur le drame de Puisseguin démontre pourtant que la sécurité routière est loin de se résumer à une question concernant le ministère de  l'Intérieur.

8 août : Le BEA-TT publie son rapport sur l'accident de Puisseguin

Le 23 octobre 2015 vers 7h30, sur le territoire de la commune de Puisseguin dans le département de la Gironde (33), un ensemble routier composé d'un tracteur et d'une semi-remorque de transport de bois vide, avec deux personnes à bord, qui circulait sur la route départementale 17 en direction du bourg de Puisseguin, se retrouve « en portefeuille » dans un virage à droite sur la voie opposée à son sens de circulation et percute un autocar avec 49 personnes à bord qui circulait en sens inverse. Un incendie se déclare rapidement après le choc, embrasant l'autocar et le tracteur routier.
Cet accident a coûté la vie à 43 personnes, 41 passagers de l'autocar et les deux occupants de l'ensemble routier, et a occasionné des blessures à huit personnes ayant pu évacuer l'autocar, le conducteur et sept passagers.

Le BEA-TT saisit dans le cadre de la procédure des enquêtes techniques après un accident de transport terrestre vient de publier son rapport. Le bureau a cherché à déterminer les causes de l'accident. Plusieurs facteurs ont joué un rôle dans le lourd bilan de cet accident selon le bureau.

- la présence d'un réservoir additionnel de gazole installé au dos de la cabine du tracteur routier non conforme à la réglementation la nature des matériaux utilisés pour l'aménagement intérieur de l'autocar, leur tenue au feu et la toxicité des gaz dégagés par leur combustion ; la difficulté pour les passagers d'actionner les dispositifs de désenfumage équipant l'autocar ; la difficulté pour les passagers d'utiliser les deux accès et les sorties de secours de l'autocar ; l'absence d'éclairage à l'intérieur de l'autocar après la collision.

Le bureau en tire plusieurs recommandations :

le contrôle de l'installation de réservoirs additionnels sur les véhicules ; le renforcement de la tenue au feu des matériaux utilisés dans la construction des véhicules et sur l'introduction de nouvelles exigences en matière de toxicité des gaz dégagés par la combustion de ces matériaux ; le renforcement des mécanismes d'ouverture des dispositifs de désenfumage afin d'en faciliter l'utilisation ; l'ajout d'une porte de secours positionnée sur la partie arrière du véhicule, à défaut, étendre les dispositions du décret n° 2015-1170 du 22 septembre 2015 relatif à l'accessibilité du matériel roulant affecté aux services réguliers  interurbains de transport public routier de personnes librement organisés à tous les autocars, et/ou sur le renforcement des exigences concernant les mécanismes d'ouverture des fenêtres issues de secours afin de les rendre manœuvrables instantanément pour en faciliter l'utilisation en cas d'évacuation en urgence. le renforcement de la réglementation relative aux « systèmes d'éclairage de secours » des autocars afin que les dispositifs de sécurité à utiliser pour  évacuations d'urgence ainsi que le balisage lumineux des cheminements d'évacuation du véhicule restent visibles notamment en cas d'envahissement de l'habitacle du véhicule par des fumées opaques.

En outre, sans formuler de recommandation formelle, le BEA-TT invite le gestionnaire de voirie à étudier l'opportunité de limiter la vitesse maximale autorisée à 50 km/h dans ce virage ; les chambres syndicales de transporteurs routiers à sensibiliser leurs adhérents sur la nécessité de faire installer sur leurs véhicules des réservoirs dans le respect des règles techniques d'homologation ; la FNTV à compléter sa
 plaquette de sensibilisation à la sécurité des passagers des autocars réalisée en 2016, plaquette qui rappelle les règles de sécurité à respecter à bord d'un autocar ainsi que les consignes d'évacuation en cas d'urgence, par une description de la conduite à tenir en cas d'incendie dans l'habitacle de l'autocar

Commentaires :

Plusieurs enseignements peuvent être tirés de ce rapport au-delà des recommandations spécifiques liées à ce type d'accident.

Ce rapport démontre qu'un accident et sa gravité résulte le plus souvent d'une accumulation de facteurs et qu'il y a matière à proposer des mesures pour remédier à ces facteurs. Ces mesures ne sont pas uniquement destinées à changer en premier lieu le comportement. Elles visent autant les constructeurs de véhicule, les gestionnaires des voiries et d'autres acteurs comme les employeurs ou les assureurs. Le ou les conducteurs impliqués dans un accident ne sont que les opérateurs finaux.

Ce rapport montre l'importance d'effectuer des enquêtes approfondies de tous les accidents très graves pour y remédier. Il y a encore
beaucoup à apprendre sur les accidents de la circulation d'autant que le système de circulation a considérablement évolué depuis la fin des enquêtes REAGIR.




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