Juin 2016

13 Juin : Publication d'un rapport de la Cour des comptes portant sur la consommation d'alcool.

La Cour des comptes  a rendu  un rapport sur les politiques de lutte contre les consommations nocives d'alcool.  La Cour constate que la consommation d'alcool est un sujet sensible en France, car l'alcool est associé aux évènements festifs, aux modes de vie et à la culture.  Elle ajoute qu'il s'agit d'un héritage social et culturel, renforcé par des enjeux économiques qui induit une tolérance générale vis-à-vis de la consommation d'alcool. Il en résulte  une difficulté à définir et à mettre en œuvre dans la durée une politique intégrée de santé et de sécurité.
La Cour des comptes a conduit une évaluation des politiques de lutte contre les consommations nocives d'alcool, notamment au regard de leurs impacts sur la sécurité routière.

Aux termes de son enquête, la Cour émet un certain nombre d'observations. La Cour souhaite une amélioration de l'efficacité des mesures en matière de conduite en état alcool en orientant mieux les campagnes de communication, en étudier la perspective d'abaisser le seuil d'alcoolémie à 0,2 gr par litre pour tous les conducteurs, en simplifiant les procédures de
dépistage, en particulier en développant le recours à l'éthylotest anti-démarrage, en mettant fin au sentiment d'impunité  en matière d'alcool au volant. Au final, laCour émet une recommandation :

Accroître la probabilité des contrôles et des sanctions immédiates : en ayant recours à un seul appareil portatif homologué de
mesure de l'alcoolémie contraventionnelle et délictuelle : en augmentant le montant des amendes forfaitaires pour conduite en état alcoolique jusqu'à la classe 5, en appliquant le régime de sanctions contraventionnelles immédiates jusqu'à une alcoolémie de 1,2 gr/l.

Commentaires :

La Cour des comptes donne un éclairage intéressant sur la politique menée pour lutter contre  l'alcool au volant. Ces observations sont pertinentes. Dommage qu'elles ne se traduisent que par une seule recommandation. La réponse du premier ministre est par contre franchement décevante. Elle se limite à contester certaines données sans prendre position sur les différentes observations et sur la recommandation. Il semble qu'en matière de sécurité routière, il y ait une constante de la part de la puissance publique, celle de ne pas prendre en considération les recommandations produites dans les rapports portant sur ses thématiques, que ces rapports proviennent de groupes d'experts ou de missions parlementaires.


8 juin : Forte hausse de la mortalité en mai

Selonl'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 294 personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en mai 2016. Comparé au mois de mai 2015 où l'on avait déploré 267 morts sur ces routes, 27 personnes de plus ont été tuées, soit une hausse de 10,1%. Sur les cinq premiers mois de l'année, le nombre de personnes tuées est en hausse de  3,8 %, ce qui représente 47 personnes tuées en plus, par rapport aux  cinq premiers mois de l'année précédente. En année glissante sur les 12 derniers mois, la hausse est de 3,5%.

Commentaires :

La mortalité routière de mai 2016 par rapport à celle de mai 2015 connait une hausse significative (supérieur à 10%). Après une certaine stabilité amorcée en juillet 2015, ce bilan décevant pourrait marquer la reprise d'une tendance à la hausse décelée au cours des deux premiers mois de l'année. Quoi qu'il en soit, il faut revenir à décembre 2013 pour retrouver une mortalité supérieure à la barre des 3 500 (soit
3 508 personnes tuées sur douze mois). Le bilan sur les cinq premiers mois de l'année (+3,8%) laisse ainsi craindre une troisième année consécutive d'augmentation de la mortalité, ce qui constituerait un événement qui ne s'était plus produit depuis les années 1960.  Espérons que cette crainte ne se confirme pas quoiqu'il y ait aussi à craindre un mois dejuin et de juillet médiocre du fait du déroulement de l'Euro de football sur notre territoire. Ce type de moment festif est souvent accompagné d'une hausse de l'accidentalité.



© 2015 Tous droits réservés.

Optimisé par le service Webnode