Mai 2016


31 mai : Le permis A2 généralisé à tous les motocyclistes novices

Le décret n°2016-723 du 31 mai 2016 modifie les conditions d'obtention des catégories A et BE du permis de conduire. Désormais, un motocycliste ne pourra conduire, à l'issue de son examen, qu'une motocyclette dont la puissance ne dépasse pas les 35kW soit les 47,5 chevaux. Il devra attendre deux ans pour pouvoir accéder au permis A. Le décret conduit à supprimer le passage de l'épreuve
pratique de la catégorie A du permis de conduire en conditionnant la possibilité de conduire une moto d'une puissance supérieure à 35 kW à une formation complémentaire qui ne pourra être suivie qu'à l'issue  d'une période de deux ans après l'obtention du permis de conduire de la
catégorie A2.

Commentaires :

Ce décret supprime purement et simplement la possibilité pour un  candidat de passer directement le permis A (grosse cylindrée) quel que
soit votre âge. L'objectif de cette mesure est de réduire chez les  jeunes, le nombre d'accidents et de tués roulant avec des motos
puissantes. Antérieurement à ce décret, il fallait avoir 24 ans pour^pouvoir être titulaire du permis A. Avec ce décret, soit vous avez moins de 24 ans et le permis A2 depuis deux ans, alors vous pouvez avoir votre permis A moyennant une formation de 7 heures, soit vous avez plus de 24 ans et vous devez aussi attendre deux ans après avoir été titulaire du permis A2.

Ainsi, la conduite de grosses cylindrées n'est plus conditionnée par l'âge du conducteur, mais par son expérience. Une mesure qui veut faire contrepoids à l'autorisation donnée depuis le 13 avril 2016 aux motocyclettes neuves et d'occasion aux normes Euro3 et équipées d'ABS de circuler dans leur version débridée, c'est à dire supérieure à 100 chevaux.


13 mai : Baisse de la mortalité en avril de -5%

Selon l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 245 personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en avril 2016.

Comparé au mois d'avril 2015 où l'on avait déploré 258 morts sur les routes, 13 personnes de moins ont été tuées en avril 2016, soit  une baisse de -5 %. Sur lesquatre premiers mois de l'année, le nombre de personnes tuées est en hausse de  2,1 %, ce qui représente 20 personnes tuées en plus, par rapport au  premier quadrimestre de l'année précédente. En année glissante sur 12 mois, la hausse est de 2%.

Commentaires :

De ce constat, on ne peut que conclure que les annonces des nouvelles mesures faites d'abord en janvier 2015 puis au CISR d'octobre 2016 n'ont produit aucun effet positif.  Une analyse plus fine de ce mois d'avril permet par ailleurs de minimiser son résultat. Le calendrier situe le plus souvent le week-end de Pâques en avril, ce qui ne fut pas le cas en cette année 2016.

C'est l'évolution de la mortalité des usagers des véhicules légers qui constitue l'indicateur le plus solide de l'évolution globale de la mortalité routière. Or, cette dernière est désespérément régulièrement à la hausse depuis février 2014 soit une hausse de 14% (soit de 1574 personnes tuées à 1795). (lire l'analyse)


2 mai : Les nouvelles questions de l'examen du code

Une modernisation des questions posées lors de l'épreuve du code (examen théorique général dit ETG)) débute ce jour : la totalité de la banque de questions, dont l'élaboration et les évolutions éventuelles sont de la compétence de l'État, a été rénovée. 1 000 nouvelles questions constituent maintenant  la banque de l'épreuve théorique du permis de conduire. Ce sont 300 de plus que dans la précédente. L'objectif affiché de cette réforme est d'améliorer la formation des conducteurs novices, population particulièrement à risque

Il s'agit de rendre l'examen plus réaliste pour les candidats qui doivent à la fois : connaître les règles du Code de la route et comprendre pourquoi elles ont été mises en place. Le candidat doit toujours réponde juste à 35 questions sur 40 posées.

Commentaires :

L'objectif de rénover cette banque de question est louable. La demande avait été déjà formulée dans le cadre du rapport parlementaire commandé par le gouvernement au député Jean-Michel Bertrand et dont l'auteur de ce site en fut un des rédacteurs. Ce rapport avait pour mission de proposer des pistes d'action pour faciliter l'accès au permis de conduire. Le rapport soulevait le problème de l'ambiguïté de certaines questions et de leur accessibilité à des populations en difficulté.

A l'évidence, cette nouvelle banque de question ne va pas répondre à ces problèmes. Certes, les questions ont été réalisées en proposant des images ou des vidéos plus réalistes. Les nouvelles questions tentent de demander aux candidats d'analyser les situations de conduite pour adapter au mieux leur comportement sur la route. Autant les réponses à des questions portant sur les règles du code de la route ne sont pas interprétables et donc contestables, autant les réponses à caractère comportementale à produire face à des situations de conduite ne sont pas toujours évidentes. De surcroît, les réponses proposées sont parfois contestables car elles demandent de nombreux paramètres. A visionner les 20 questions qui ont été mises en ligne pour illustrer la réforme, il s'avère bien que ce type d'analyse ne prête mal à une épreuve théorique. Elle fait davantage partie de l'évaluation dans le cadre de l'épreuve pratique.

Les questions restent difficiles dès qu'elles sont doublées, ce qui est le cas pratiquement d'une sur deux. En réalité, le candidat doit répondre à 60 questions en moyenne et avoir 55 réponses justes. Elles nécessitent pour les candidats de bien se former, ce qui exclue les formations par e-learning qui se sont développées. Sans enseignant de la conduite pour expliquer certaines situations, il sera difficile à l'élève de comprendre qu'elle est le bon comportement.

Au final, le taux de réussite au code qui était de l'ordre de 70% risque d'une part de chuter sérieusement et d'autre part de ne pas améliorer véritablement le comportement des jeunes conducteurs. La théorie ne peut remplacer la pratique qui doit se concrétiser par un minimum de kilomètres parcourus dans différentes situations, encadrés par un professionnel de l'éducation routière et non vous et moi en conduite accompagnée (car nous transmettons nos mauvaises pratiques). Cette réforme a néanmoins le mérite de rappeler que conduire est une tâche complexe qui mobilise tout à la fois : stratégies, connaissances, valeurs sociales et  prises de conscience. Cela explique que la formation des jeunes conducteurs doit être plus longue et plus suivie. L'inconvénient est que cela ne va dans le sens d'un permis moins cher et qui peut s'acquérir rapidement mais lorsqu'il s'agit d'éviter des accidents, s'agit-il vraiment d'un inconvénient. 


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