Octobre 2016

11 octobre : Appel de dirigeants d'entreprise pour la sécurité de leurs salariés sur les routes

21 entreprises, dont le groupe PSA, le groupe Renault, le groupe SANEF, Vinci, Michelin ou encore Total, se sont engagées en faveur de la Sécurité routière afin de diminuer les risques d'accidents lors des déplacements professionnels réalisés par leurs salariés.

D'après un récent sondage mené par l'IFOP pour la Sécurité routière, 69 % des salariés avouent utiliser leur smartphone au volant pour appeler un collègue ou un client et 68 % reconnaissent dépasser la vitesse autorisée lors d'un retard pour un rendez-vous ou une livraison. Résultat, les accidents de la route sont la première cause de mortalité au travail.

En 2015, pas moins de 483 personnes ont été tuées alors qu'elles effectuaient un déplacement lié à l'activité professionnelle (mission ou déplacements domicile/travail). Les entreprises signataires se sont engagées à limiter aux cas d'urgence les conversations téléphoniques au volant, à ne pas accepter le dépassement des vitesses autorisées, à exiger le port de la ceinture de sécurité, à intégrer des moments de repos dans le calcul des temps de trajet, à prescrire la sobriété sur la route, à favoriser la formation à la sécurité routière de leurs salariés, et à encourager les conducteurs de deux-roues à mieux s'équiper.

Commentaires :

L'accident de la route demeure le premier risque mortel d'accident du travail (presque une personne sur deux). Ces accidents représentent de l'ordre de 15% de la mortalité routière. On ne peut que saluer cet engagement  aussi fort de grandes entreprises françaises pour lutter contre les accidents de la route qui concernent leurs employés. Il faut dire que ces accidents peuvent peser lourdement dans les comptes d'une entreprise (coût de la perte temporaire ou définitive d'une personne formée et compétente pouvant parfois avoir des conséquences sur la pérennisation de l'activité.



7 octobre : Très forte augmentation de la mortalité en septembre (+30,4 %)

Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 335 personnes ont perdu la vie sur les
routes de France  métropolitaine en septembre 2016. Comparé au mois de septembre 2015 où l'on avait déploré 257 morts sur ces routes, 78 personnes de plus ont été tuées, soit une très forte hausse de +30,4 %. Sur les neuf premiers mois de l'année, le nombre de personnes tuées est en hausse de  -3,1 %, ce qui représente 76 personnes tuées en plus, par rapport aux  neuf premiers mois de l'année précédente. En année glissante sur les 12 derniers mois, la hausse est de à 4,2 %.

Commentaires :

Avec une hausse de +30,4 %, septembre 2016 est la troisième plus forte hausse enregistrée depuis 2002 (+31,7 % en juin 2009 et +30,5 % en mars 2014). Sur les douze derniers mois, la mortalité s'élève à 3 537 personnes tuées. Il faut remonter à mars 2013 pour avoir un bilan équivalent. Au rythme de l'augmentation de 3% enregistrée depuis janvier 2014, l'objectif de moins 2 000 personnes tuées ne sera pas atteint et nous nous acheminons vers un désastre  de plus de 4 000 personnes tuées !(lire analyse)


4 octobre : Publication du rapport de l'OCDE : Zéro mort et blessé grave sur les routes

Le forum internationnal de l'OCDE vient de publier un rapport intitulé Zero road deaths and serious injuries (Zéro mort et blessé
grave sur les routes). Sa présentation a fait l'objet d'un colloque le 4 octobre.

Ce rapport a l'ambition de proposer un changement de paradigme dans les politiques de sécurité routière qui sont menées par la
plupart des pays. Ce paradigme repose sur le principe d'avoir un système de circulation routière sûr (safe system en anglais).

Une telle approche systèmique de la sécurité routière est basée sur le constat que les accidents de la route sont à la fois prévisibles et évitables, et qu'en conséquence, il est possible d'atteindre l'objectif de zéro morts et blessés graves sur les routes. Le postulat est le suivant :
L'accident n'est pas une fatalité, personne ne devrait être tuée ou gravement blessée à la suite d'un accident de la route.

Ce paradigme exige une refonte fondamentale de la gouvernance des politiques de sécurité routière et de leur mise en œuvre. Ces dernières ne se concentrent souvent que sur un aspect du dysfonctionnement routier : le véhicule ou la route ou ses usagers et très peu sur leurs
interactions.

Rédigé par un groupe d'experts internationaux reconnus dans le domaine de la sécurité routière, ce rapport publié sous l'égide de l'OCDE
fournit à tous les acteurs de la sécurité routière : dirigeants au sein des gouvernements - administrations - entreprises - universités, un cadre pour agir dans le sens d'un système de circulation sûr. Il présente les principes qui fondent ce concept, propose des modalités de gouvernance, donne des pistes d'outils, illustrés par des exemples concrets. Le rapport aborde la problématique particulière du milieu urbain et conclue par une feuille de route pour se lancer sur cette voie.

Commentaire :

L'OCDE a le mérite de remettre au goût du jour l'approche systèmique de la sécurité routière. Ce paradigme avait émergé en France à la
suite du livre blanc sur la sécurité routière paru en 1990. Le document « sécurité des routes et des rues », paru en 1992 sous le timbre SETRA/CETUR l'avait parfaitement illustré. L'innovation de ce rapport est de l'étendre à l'ensemble des composantes de la sécurité routière.

Une telle vision a été éclipsée dans les années 2000 par une politique de sécurité routière sur une politique de contrôle/sanction qui a connu une efficacité remarquable. Elle a pratiquement disparu avec le passage de la Sécurité Routière au ministère de l'Intérieur, essentiellement orienté vers le comportement du conducteur à tel point qu'elle n'a plus en charge la politique de sécurité des routes et celle liée aux véhicules, qui sont restées au ministère de l'Ecologie.




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