Les mois d'octobre



Le mois d'octobre est devenu un des mois les plus meurtriers de l'année avec une moyenne sur les dix dernières années de 330 personnes  tuèes. Ce mois cumule plusieurs handicaps, une circulation automobile la plus intense en dehors de la migation estivale, des conditions météorologiques plus variables et une baisse de la luminosité.


Octobre 2018 : Baisse sensible de la mortalité de -13,8 %

Selon l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 275 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine en octobre 2018. Comparé au mois d'octobre 2017 où l'on avait déploré 319 morts sur ces routes, 44 personnes de moins ont été tuées, soit une baisse de - 16,4 %. Sur les dix derniers mois, la mortalité est en sensible baisse de -6,8 % correspondant à 195 vies épargnées. Sur les douze derniers mois, la mortalité routière baisse également sensiblement de -6,5% soit 226 épargnées par rapport aux 12 mois précédents. C'est la première fois que la mortalité en octobre passe nettement sous la barre des 300 tuès. Ce mois confirme la tendance à la baisse de la mortalité enregistrée depuis novembre dernier, septembre restant une exception. Cette tendance devrait se poursuivre, traduisant l'effet de l'abaissement de la vitesse à 80 km/h. Cet effet est visible si l'on regarde uniquement l'évolution de la mortalité des usagers motorisés.


Octobre 2017 : Stabilité de la mortalité  (-0,0%).

Selon l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 315 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine en octobre 2017 soit le même nombre qu'en octobre  2016 (-0,0%). Sur les dix derniers mois, la mortalité est quasi stable avec -0,1%. Sur les douze derniers mois, la mortalité routière affiche un recul de 0,3%, soit 10 tués de moins par rapport aux 12 mois précédents. Il s'agit du quatrième mois sans hausse de la mortalité. Ce résultat permet d'espérer un changement de tendance sans pour autant il soit possible d'en appréhender la cause. Certains facteurs comme la reprise économique constituent un facteur défavorable, ainsi que les facteurs de fond comme le vieillissement de la population et l'attrait des distracteurs au volant. Des conditions météorologiques favorables se traduisent également par une hausse de la mortalité des deux-roues. La politique de sécurité routière qui est menée aurait donc pour effet d'empêcher une hausse certaine de la mortalité.


Octobre 2016 : Forte de baisse de - 16,4 %

Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 316 personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en octobre 2016. Comparé au mois d'octobre 2015 où l'on avait déploré 378 morts sur ces routes, 62 personnes de moins ont été tuées, soit une baisse de - 16,4%. Sur les neuf premiers mois de l'année, le nombre de personnes tuées est en hausse de  +0,8 %, ce qui représente 22 personnes tuées en plus, par rapport aux  neuf premiers mois de l'année précédente. En année glissante sur les 12 derniers mois, la hausse est de +1,7%%.

Si ce mois d'octobre connait la plus forte baisse de la mortalité enregistrée cette année par rapport au mois de l'année précédente, elle est hélas à relativiser si l'on tient compte du fait qu'octobre 2015 avait été marqué par un des accidents les plus meurtriers survenus sur nos routes. Le drame de Puissegain où 43 personnes avaient perdu la vie est encore très présent dans les  esprits alors que les rapports des experts viennent d'être portés à la connaissance des familles .

Comme le constate le baromètre de l'ONISR, les mortalités piétonnes, cyclistes et motocyclistes cumulées sur 12 mois sont en nette hausse respectivement de +16% (soit 42 piétons tués de plus), +8% (soit 9 cyclistes tués de plus) et +6% (soit 50 motocyclistes tués de plus) alors que celle des véhicules légers stagne avec seulement une fragile légère baisse apparue depuis juin (soit 101 automobilistes tués en moins). Sur l'ensemble des usagers, la hausse s'établit à +1,7% (soit 57 personnes de tuées en plus).

La barre des 3 500 personnes tuées sur nos routes pourraient donc être refranchie à la fin de l'année alors que la mortalité était passée sous ce seuil en mars 2013 au moment de la mise en service des radars mobiles/mobiles. Il s'en était suivi une baisse significative de la mortalité avec au final une baisse de la mortalité en 2013 de -10,5%.

Tout le bénéfice de l'année 2013 a donc été perdu au cours de ces trois dernières années. Comment l'expliquer si ce n'est pas le fait que combattre le risque routier ne constitue plus véritablement une priorité nationale au regard d'autres risques d'une part et que l'ambiance collective remettant de plus en cause le rôle de l'Etat n'est pas propice au respect de la règle. Ce relâchement coupable se traduit aussitôt sur nos routes et le bilan humain en est très lourd.

Saluons dans ce contexte l'appel des 21 dirigeants de grandes entreprises s'engageant en faveur de la Sécurité routière afin de diminuer les risques d'accidents lors des déplacements professionnels réalisés par leurs salariés.


Octobre 2015 : Forte hause de +8,9%

Le baromètre de l'accidentalité de ce mois d'octobre est particulier puisque nous avons eu à déplorer  le 23 octobre un accident d'une extrême gravité. Avec 43 personnes décédées, l'accident d'autocar de Puissegin constitue le deuxième accident mortel le plus grave jamais enregistré en France après celui de Beaune (55 personnes décédées dont 44 jeunes de 6 à 15 ans) en 1982 et devant l'accident du tunnel du Mont Blanc (39 personnes décédées). Ce dernier accident a eu la particularité de ne pas être comptabilisé dans les statistiques accidents de la France.  Il fut imputé à ceux de l'Italie.

43 personnes décédées représentent en terme statistique environ 12% de la mortalité de ce mois d'octobre où elle a augmenté de +7,2%. On pourrait en déduire que sans cet accident, la mortalité aurait pu baisser d'environ 5%. Par ailleurs, cet accident risque de peser environ 1,5% de la mortalité sur l'année 2015.

Pour autant, l'analyse de la mortalité par catégorie d'usagers laisse penser que cet accident s'inscrit dans la poursuite de la tendance à la hausse de la mortalité enregistrée depuis plus de 48 mois. Certes, la mortalité des usagers vulnérables poursuit pour le troisième mois consécutif une baisse significative avec -30 personnes tuées par rapport à octobre 2014. Il est d'ailleurs difficile d'expliquer cette baisse d'autant qu'octobre 2015 a été très clément du point de vue des conditions météorologiques, ce qui maintient la mobilité de ces usagers  alors qu'elle est en baisse en général  l'automne.

La poursuite de la hausse de la mortalité des usagers des véhicules léger reste préoccupante : +13 personnes décédées par rapport à octobre 2015 soit 1809 personnes décédées sur les 12 derniers mois, bilan équivalent à celui d'avril 2013. Rappelons que 2013 fut une année très favorable avec une baisse de la mortalité de -10,8% dont une baisse de -14,3% de la mortalité des usagers de véhicules légers. C'est donc tout le gain obtenu cette année-là qui  vient d'être perdu.

A deux mois de la fin de l'année, le bilan de la mortalité est toujours à la hausse de +2% sur les dix derniers mois et 1,7% sur les douze derniers mois. Octobre 2015 aurait pu décider de l'issue du bilan 2015 de la mortalité. En effet, il aurait du être nettement favorable : d'abord parce que celui de 2014 avait été particulièrement mauvais et ensuite parce qu'il était possible d'espérer un effet des annonces  des mesures du  CISR du 2 octobre.

Novembre peut encore rétablir la situation en faisant aussi bien qu'en novembre 2013 en espérant toutefois que décembre soit aussi favorable que l'année dernière. A défaut, nous risquons d'enregistrer une seconde année consécutive à la hausse, ce que nous n'avions pas connu depuis plus de trois décennies.

Reste une inconnue, l'impact des attentats du 23 octobre et de l'instauration de l'Etat d'urgence sur la circulation routière et le comportement des usagers de la route. Si l'on regarde la mortalité des semaines qui ont suivi les attentats de janvier, aucun impact significatif n'a été décelé. Il en sera peut-être différemment en ce mois de novembre.


© 2015 Tous droits réservés.

Optimisé par le service Webnode