Les mois de juillet




Juillet est traditionnellement l'un des mois les plus meurtriers de l'annnée avec en moyenne 350 personnes tuées.  Ce bilan correspond à un pic du trafic routier à quatre roues mais aussi spécialemennt à deux roues. Pour ce mois, la part des motocyclistes qui est en moyenne sur l'année de 18% peut dépasser les 30%. Ce mode étant particulièrement météo sensible, le bilan du mois de juillet est très fortement influencé par le bilan de la mortalité motocycliste.

Juillet 2018 : Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 324 personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en juillet 2018. Comparé au mois de juillet 2017 où l'on avait déploré 343 morts sur ces routes, 19 personnes de moins ont été tuées, soit baisse de  -5,5 %. En année glissante sur les 12 derniers mois, la mortalité est en baisse de - 5,3 %. Depuis le début de l'année, elle est en baisse de -6 %.

Commentaires : On attendait beaucoup les résultats de ce mois de juillet qui marque le premier mois où la vitesse maximale autorisée sur les routes bidirectionnelles hors agglomération est dorénavant de 80 km/h. La mortalité baisse et c'est une grande satisfaction d'autant qu'il s'agit du cinquième mois consécutif à la baisse, situation qui n'était plus arrivé depuis l'année 2013 entre mars et septembre. La tendance de la mortalité est enfin à la baisse de façon continue depuis novembre dernier.

Il était possible d'espérer avec la mesure à 80 une baisse en moyenne de 10% de la mortalité par mois. Ce mois est donc un peu en retrait de nos espérances d'autant que la canicule d'un part et la hausse des carburants d'autre part sont en général en faveur d'une baisse de l'accidentalité. Rappelons que le mois mauvais mois de juillet 2014 avec 302 personnes tuées. Plusieurs explications sont possibles à cette « contre-performance ». D'une part, le phénomène de la coupe du monde qui s'est terminé mi-juillet avec la victoire de l'équipe de France. Le 13 juillet 1998 fut une des journées les plus meurtrières de l'époque avec plus de 50 décès. Juillet 98 fut d'ailleurs un mois médiocre. Il faudra attendre le bilan jour par jour pour vérifier cette hypothèse.

D'autre part, rappelons qu'en été, la mortalité des deux-roues représente plus du tiers de la mortalité du mois. Le résultat du mois de juillet et d'août dépend beaucoup du bilan de leur accidentalité qui est particulièrement météosensible. En l'espèce, la canicule encourage les déplacements en mot ou à vélo avec parfois plus de prise de risque, notamment en terme d'équipements, la chaleur n'encourageant pas le port du casque. L'ONISR annonce 97 tués pour les motocyclistes et 29 pour les cyclistes soit 36% de la mortalité du mois.

Juillet 2017 : La  mortalité du mois de juillet 2017 se situe dans la moyenne des mois de juillet des sept dernières années. 346 personnes ont perdu la vie soit dix personnes de moins qu'en juillet 2016 selon le baromètre de l'ONISR. Il s'agit donc d'une variation de -2,8 % non significative qui maintient la pente d'évolution de la mortalité à la hausse au rythme d'un peu plus de 2% par an depuis 2014. Certes, juillet est traditionnellement le mois le plus meurtrier de l'année mais ce bilan reste désespérant d'autant que la plupart de ces accidents mortels sont évitables. Ils sont le résultat d'un enchaînement d'erreurs humaines à tous les niveaux.  La lecture du rapport du BEA-TT qui vient d'être publié sur le drame de Puisseguin le démontre de nouveau. Le slogan de la Sécurité routière le dit bien « tous responsables » et pas seulement l'usager de la route. Il est urgent que les responsables locaux, à commencer par les Préfectures et les conseils départementaux,  se remobilisent pour lutter contre l'insécurité routière, à commencer autour d'enquêtes systématiques sur leurs accidents graves afin de prendre les mesures immédiatement opérationnelles pour y remédier. L'actualisation du Document Général d'Orientation (DGO) qui débute à la rentrée dans chaque département est une opportunité à saisir par les associations pour faire pression.

Juillet 2016 : La mortalité routière de juillet 2016 par rapport à celle de juillet 2015 ne connait aucune évolution. Selon l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 352 personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en juillet 2016. Comparé au mois de juillet 2015 où l'on avait déploré 353 morts sur ces routes, une personne de moins a été tuée, soit une baisse de -0,3%. Sur les sept premiers mois de l'année, le nombre de personnes tuées est en hausse de  1,5 %, ce qui représente 28 personnes tuées en plus, par rapport aux  sept premiers mois de l'année précédente. En année glissante sur les 12 derniers mois, la hausse est de 3,1%.

Juillet est traditionnellement un des mois les plus meurtriers de l'année. Le mois de juillet 2014 avait échappé à cette règle. Juillet 2015 était hélas revenu à la normale. Cela s'est traduit par une forte hausse de +19,3%. Juillet 2016 égale donc juillet 2015. Il n'y a guère d'évolution à la baisse de la mortalité. La tendance reste même à la hausse de quelques pourcents. Le spectre d'une troisième année consécutive à la hausse se précise. Certes, juillet 2016 a présenté un calendrier assez défavorable par rapport aux années précédentes puisque ce mois comportait 5 week-ends complets. Sans cette configuration, une légère baisse aurait pu être constatée de 2 ou 3%. Cependant au niveau d'une année, ces effets calendaires se neutralisent. Seule, les conditions météorologiques peuvent avoir un effet significatif en comparant un mois d'une année sur l'autre pouvant dépasser les 10% et d'une année sur l'autre pouvant dépasser les 3%.

En l'espèce, les conditions météorologiques de ce mois de juillet n'ont présenté aucune particularité ayant pu impacter la mortalité. Juillet a été également marqué par deux évènements dont il est difficile de connaître l'impact sur l'accidentalité, à défaut de connaître encore la
mortalité jour par jour.

Le premier concerne l'Euro de football qui a connu un succès populaire avec l'accès de l'équipe de France en finale. Ce contexte de liesse populaire peut être source de prise de risque et donc d'accidents comme il a été constaté lors du Mondial de 1998.

Le second concerne le tragique attentat survenu le 14 juillet à Nice. Il a constitué un énorme choc émotionnel dans tout le pays.  Aucune étude n'a encore étudié les effets de telles circonstances sur les comportements en général et ceux au volant en particulier.


Juillet 2015 : Juillet 2015 enregistre une hausse inquiétante de la mortalité routière par rapport à juillet 2014, soit + 19,3%, la cinquième plus forte hausse mensuelle depuis 2002 (baromètre de l'ONISR). Cette hausse confirme hélas la tendance très préoccupante à la hausse de la mortalité apparue au cours de l'année 2014.

Cette tendance semble s'être installée durablement, induite par la tendance à la hausse de la mortalité des seules véhicules légers amorcée elle dès janvier 2014 et se poursuivant de façon régulière, y compris en ce mois de juillet.

De surcroît, cette tendance est amplifiée ce mois-ci  par des conditions météorologiques caniculaires et surtout souvent orageuses qui sont défavorables à la sécurité routière à contrario du mois de juillet 2014 qui fut frais et pluvieux.

Cette forte hausse s'explique en partie du fait de la mortalité en forte hausse des motocyclistes qui circulent davantage lorsque les conditions météorologiques leur sont favorables. Pour ce qui concerne les véhicules légers, on note aussi une hausse  de l'ordre de 4 % par rapport à juillet 2014 alors que des conditions météorologiques pluvieuses ne sont pas davantage favorables pour ces usagers que des conditions anticycloniques. Rappelons que plusieurs biais faussent ces comparaisons mensuelles. Outre les conditions météorologiques qui ont pu impacté la mortalité de juillet à hauteur de + 10% en relation avec la hausse de la mortalité motocycliste, il y a aussi l'effet calendaire. Ainsi, juillet 2015 comptait 5 vendredis contre 4 en 2014, ce qui a aussi augmenté de 1% environ la hausse.  A contrario, le 14 juillet 2015 , un mardi, a été plus favorable que celui de 2014 placé un lundi. Au final, en corrigeant ces effets, la hausse de la mortalité reste élevée. Elle peut être estimé de l'ordre de +8%. Rien pour l'instant, nous permet d'espérer un renversement de tendance. L'annonce des 26 mesures et leur application pour certaines le 1er juillet ne semblent pas avoir eu un effet d'anticipation. Bien au contraire, il est à craindre, à la lecture des résultats de 2014,  que la tendance à la hausse se confirme avec probablement de mauvais mois d'août, novembre et décembre que septembre et octobre auront du mal à contrebalancer. Après une augmentation en 2014 de +3,8%, il est à craindre que l'année 215 se termine aussi avec une augmentation de la mortalité à peu près du même ordre alors que pour atteindre l'objectif de moins de 2000 personnes tuées en 2020, il faut enregistrer une baisse annuelle de -8%.

© 2015 Tous droits réservés.

Optimisé par le service Webnode