Les mois de mai



Chaque mois a sa spécificité calendaire. Mai n'échappe à cette régle. C'est la fin des vacances de Printemps selon les régions. C'est aussi la possibilité d'avoir des "ponts" en relation avec les jours fériées du 1er mai, du 8 mai et de l'ascension avec aussi celui selon les années de la Pentecôte. 


Chaque mois peut également connaître une particularité météorologogique. C'est particulièrement vrai depuis quelques années en relation avec le déréglement climatique. De ce point de vue, Mai peut être très estival comme très froid. Ne pas oublier que les Saintes Glaces sont en mai.


Ces deux caractéristiques peut aboutir à des importantes variations d'un moi de mai d'une année à l'autre.


Mai 2018 : Nette baisse de la mortalité en mai.

Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 272 personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en mai  2018. Comparé au  mois de mai 2017 où l'on avait déploré 297 morts sur ces routes, 20 personnes de moins ont été tuées, soit une baisse de -8,4%.  En année glissante sur les 12 derniers mois, il apparait  une baisse de - 3,2 %. Depuis le début de l'année, la baisse est de -5,4%. Mai constitue le troisième mois consécutif de baisse de la mortalité. Cette dernière a engagé une tendance à la baisse depuis six mois. Est-ce l'annonce de la baisse de la vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires qui a suscité cette tendance ? Pour le moins, cela faisait longtemps que ce thème n'avait pas été aussi souvent traité dans les médias. Il reste cependant des progrès puisque mai 2015 et surtout mai 2013 fut nettement plus favorable. Pour autant, trois éléments ont peut-être pu jouer défavorablement : la grève à la SNCF qui provoque un surcroît de trafic routier,  les conditions météorologiques assez exceptionnelles en terme de pluviométrie et d'orage et la présence de plusieurs ponts dont celui de la pentecôte cette année en mai, week-end souvent le plus meurtrier de l'annnée. Juin pourrait également bénéficier de l'effet d'annonce de la mesure à 80 km/h qui devrait apporter presque systématiquement de -5 à -10% de baisse dans la mortalité mensuelle.


Mai 2017 : stabilité de la mortalité en mai

Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 294  personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en mai 2017, soit le même nombre qu'en mai 2016. En année glissante sur les 12 derniers mois, le nombre de personnes décédées est de 3 511 en infime baisse de - 0,5%. En revanche, depuis le début de l'année, la mortalité est en hausse de + 1,2%. A l'exception du mois de février qui a connu un niveau de mortalité très bas, aucun des quatres autres mois n'est à la baisse. Ce constat est inquiétant car il traduit le maintien d'une tendance générale à la hausse de la mortalité routière constatée depuis janvier 2014. Trois catégories d'usagers semblent tirer cette évolution : les usagers des véhicules légers, les piétons et les personnes de plus de 65 ans. Ce constat pourrait laisser penser en première analyse qu'il pourrait y avoir, outre d'autres facteurs plus comportementaux comme la distraction au volant ou conjoncturels comme les conditions météorologiques, un effet plus structurel à cette hausse en relation avec le vieillissement de la popupaltion (lire analyse)


Mai 2016 : 

La mortalité routière de mai 2016 par rapport à celle de mai 2015 connait une hausse significative (supérieur à 10%). Après une certaine stabilité amorcée en juillet 2015, ce bilan décevant pourrait marquer la reprise d'une tendance à la hausse décelée au cours des deux premiers mois de l'année. Quoi qu'il en soit, il faut revenir à décembre 2013 pour retrouver une mortalité supérieure à la barre des 3 500 (soit 3 508 personnes tuées sur douze mois). Le bilan sur les cinq premiers mois de l'année (+3,8%) laisse ainsi craindre une troisième année consécutive d'augmentation de la mortalité, ce qui constituerait un événement qui ne s'était plus produit depuis les années 1960.  Espérons que cette crainte ne se confirme pas quoiqu'il y ait aussi à craindre un mois de juin et de juillet médiocre du fait du déroulement de l'Euro de football sur notre territoire. Ce type de moment festif est souvent accompagné d'une hausse de l'accidentalité.

On ne peut que faire le constat déjà fait depuis quelques mois que les annonces des nouvelles mesures de sécurité routière annoncées d'abord en janvier 2015 puis au CISR d'octobre 2016 n'ont encore eu aucun effet positif.
Or généralement, les mesures qui peuvent avoir un effet durable produisent dès leur annonce, sans qu'elles soient opérationnelles, une baisse de la mortalité. Ce mois de mai présentait pourtant quelques éléments conjoncturels favorables à une baisse de la mortalité : la deuxième quinzaine de mai a été marquée par les grèves des transports et surtout le manque de carburant dans les stations d'essence consécutif aux mouvements sociaux dans les raffineries. Cette pénurie de carburant a probablement réduit sensiblement le trafic routier. Une telle réduction se traduit généralement par une baisse du nombre des accidents et de leur gravité.

De surcroît, ce mois a aussi été marqué par une situation calendaire favorable. En effet, ce mois n'a connu que deux ponts au lieu de quatre en mai 2015. De plus, les vacances scolaires se sont achevées le 10 mai en 2015 alors que la rentrée scolaire était le 2 mai cette année. Cette situation aurait dû induire une baisse d'environ 5% de la mortalité. A contrario, les conditions météorologiques
ont constitué un facteur défavorable. Mai 2016 fera date inscrire avec un record de pluviométrie en durée et en intensité. Une telle météorologie est génératrice d'une augmentation du risque d'accidents impliquant les usagers des véhicules légers (augmentation des distances de freinage sur chaussée mouillée) ainsi qu'en cette période plus clémente en température, les piétons et les deux-roues motorisés (qui sortent à peine des garages).

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