Les mois d'août



Le mois d'août comme le mois de juillet est un mois particulier puisque c'est le mois des vacances d'été. Le trafic automobile urbain est nettement moins dense alors que celui de longue distance augmente singulièrement. Ces mois connaissent en général la pointe du trafic des deux-roues qu'il soit motorisé ou non. C'est aussi la période où la circulation poids lourds est strictement interdite les week-ends.  Les deux mois de l'été represente en moyenne 19% de la mortalité routière de l'année bien que cette moyenne a baissé, dépassant les 20% avant l'introduction des RTT. Juillet est le mois le plus meutrier de l'année (10% de la mortalité annuelle) alors qu'août et octobre viennent ensuite pesant 9% chaucun dans la mortalité annnuelle. L'accidentalité de ces deux mois est très sensible aux conditions météorologiques, particulièrement pour ce qui concernent les deux roues. 


Août 2018 :

Selon l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 251 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine en août 2018 contre 297 en août 2017, soit 46 tués en moins  (-15,5%). C'est le mois d'août le moins meurtrier que nous ayons connu depuis plus de 40 ans. C'est également la cinquième baisse mensuelle consécutive de la mortalité, ce qui n'était pas arrivé depuis 2013. Sur les deux mois de l'été, la baisse par rapport à l'été dernier est de - 7,3%. La mortalité d'un été représentant en moyenne 19% de la mortalité d'une année, la mortalité routière en 2018 devrait passer sous la barre des 3000 personnes tuées. Il est évident que la baisse de la vitesse maximale autorisée à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles  participe de cette baisse significative du mois d'août, puisque les projections de l'effet de la mesure laissaient espérer une baisse mensuelle sur les douze mois à venir de 10%. D'autres facteurs participent cette baisse comme le coût des carburants d'un niveau assez élevé depuis quelques mois, qui a un effet à la baisse sur le trafic automobile alors qu'inversement le très bel été que nous connaissons à un effet à la hausse du trafic automobile mais aussi du trafic deux-roues. La baisse de la mortalité est d'ailleurs très significative si l'on ne considére que les usagers automobilistes

Août 2017 :

Selon l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 296 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine en août 2017 contre 301 en août 2016, soit 5 tués en moins  (-1,7%). Ainsi, durant la période estivale 2017, 15 vies ont été épargnées par rapport à la même période de l'année 2016 (-2,3%).
Ce bilan s'accompagne cependant d'une hausse des autres facteurs de l'accidentalité routière. Ainsi, le mois dernier, le nombre d'accidents corporels a augmenté de 3,8%, soit 160 accidents de plus qu'en août 2016. Le nombre des blessés hospitalisés augmente également de 1,6%, soit 36 personnes de plus.
Malgré les résultats estivaux, sur les douze derniers mois, le nombre de tués demeure en hausse de +1,5%, ce qui correspond à 53 décès de plus par rapport aux douze mois précédents. Sur cette période, la mortalité des cyclistes, des motocyclistes, des piétons et des automobilistes est à la hausse, respectivement de +17%, +8%, +7% et +3%.

Commentaires :

Le mois d'août a été un des mois les plus meurtriers jusqu'en 2011. Il connait une baisse lente mais régulière depuis sans qu'il soit possible d'en expliquer cette évolution de façon évidente. Malgré cette baisse de -1,7% enregistrée en août, la mortalité garde une tendance à la hausse depuis janvier 2014. Conscient de ce bilan inquiétant, le Président de la République a annoncé un nouveau Plan de sécurité routière sous un mois. Il sera probablement difficile de faire des miracles sans toucher aux vitesses maximales autorisées et au taux d'alcool.

Août 2016

La mortalité routière du mois d'août par rapport à celle d'août 2015 connait une baisse significative. Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 302 personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en août 2016.
Comparé au mois d'août 2015 où l'on avait déploré 332 morts sur ces routes, 30 personnes de moins ont été tuées, soit une baisse de -9%. Sur les huit premiers mois de l'année, le nombre de personnes tuées est en baisse de  -0,1 %, ce qui représente 2 personnes tuées en moins, par rapport aux  huit premiers mois de l'année précédente. En année glissante sur les 12 derniers mois, la mortalité reste en hausse de 0,1%.

Ce mois d'août 2016 est le moins mauvais mois d'août jamais enregistré depuis le début des statistiques officielles. Il constitue un résultat encourageant laissant espérer une reprise à la baisse de la mortalité.
Ce constat est conforté par la tendance à la baisse constatée sur la mortalité des occupants des véhicules légers. Cette dernière connait sa quatrième baisse consécutive.

Ce résultat a besoin d'être conforté au cours des mois d'automne, particulièrement septembre 2016,  septembre 2015 ayant été marqué par une très forte baisse (-17,4%).  Une partie de la baisse de la mortalité d'août a, par ailleurs, été probablement dû à une baisse conjoncturelle : Août 2016 a présenté un calendrier assez favorable par rapport à 2015 puisque ce mois comportait 4 week-ends complets contre 5 en 2015. Par ailleurs, les conditionsclimatiques, particulièrement la canicule enregistrée en fin de mois ont probablement limité les déplacements.


Août 2015 :

La hausse de la mortalité au mois d'août (+9,5%) confirme hélas la tendance à la hausse de la mortalité constatée depuis début 2014. Certes, le facteur météorologique est mis en avant pour minimiser cette hausse. Cependant, nous avons connu d'autres étés de type caniculaire comme celui de 2003 (15 jours en juillet) ou plus semblable en 2006 (15 jours en août). Pour ces deux mois d'été, la mortalité avait reculé respectivement de -20,8 et -11,5 % alors qu'elle atteint + 14,5% cette année.

De surcroît, la configuration calendaire de ce mois d'août était plutôt favorable par rapport à celle de 2014 : ce mois comptait un vendredi de moins qu'en 2014 soit normalement une minoration de 1% de la mortalité. Le 15 août tombait un samedi limitant l'effet long week-end.

Par ailleurs, selon l'Union française des industries pétrolières, la baisse significative du prix du carburant n'a pas généré une consommation plus forte d'essence ou de diesel ne permettant pas de conclure à un trafic plus dense cet été.

Juillet 2015 enregistre une hausse inquiétante de la mortalité routière par rapport à juillet 2014, soit + 19,3%, la cinquième plus forte hausse mensuelle depuis 2002. Cette hausse confirme hélas la tendance très inquiétante  à la hausse de la mortalité apparue au cours de 2014. La particularité de ce mois pourrait venir du fait que cette hausse est pratiquement exclusivement le fait de l'augmentation de la mortalité des véhicules légers alors qu'en juillet la forte hausse était davantage « tirée » par la hausse de la mortalité des motocyclistes. Ainsi, la mortalité sur les douze derniers mois de cette catégorie d'usagers atteint celle que nous avions en avril 2013 !

Si la comparaison de la mortalité d'un mois d'une année par rapport au mois  de l'année précédente peut ne pas être pertinente par rapport aux biais calendaires et météorologiques, il n'empêche que toute variation supérieure à + 5% doit alerter et que lorsqu'elle est supérieure à + 10%, notamment pratiquement deux mois de suite, c'est bien que nous sommes confrontés à une dégradation significative du niveau de sécurité de la circulation routière.

Faut-il alors attendre ce type d'alerte pour réagir alors que l'on connait l'inertie que l'on peut avoir dans la mise en œuvre de nouvelles mesures d'autant que l'outil de suivi mensuel dont la France dispose permet de prédire ce type de dégradation ?

Toujours est-il qu'un comité interministériel de la sécurité routière se réunit le 2 octobre en réaction à cette dégradation comme cela avait déjà été fait lors du dernier CISR en mai 2011.

© 2015 Tous droits réservés.

Optimisé par le service Webnode