Les mois de juin



Le mois de juin est le mois où la mortalité augmente pour passer au-dessus de la barre des 300 personnes tuées. Cette augmentation correspond à une augmentation de l'exposition au risque de tous les modes de déplacement. Les températures étant plus clémentes, les usagers vulnérables en particulier les deux-roues motorisés sont de sortie. Cette mortalité est davantage augmentée lorsque le week-end de la pentecôte est inclus en juin. Ce WE reste un des WE les plus meurtries.


Juin 2018 : Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 294  personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en juin 2018. Cette baisse concerne tous les catégories d'usagers à l'exception des deux-roues motorisés en lègère hausse. Comparé au mois de juin 2017 où l'on avait déploré 324 morts sur ces routes, 30 personnes de moins ont été tuées, soit baisse de  - 9,3 %. En année glissante sur les 12 derniers mois, la mortalité est en hausse de - 5,1 %. Sur le 1er semestre, elle est en baisse de -6,1%; La mortalité routière poursuit sa tendance à la baisse amorcée depuis décembre dernier. C'est la quatrième baisse consécutive. Faut-il y voir un effet anticipé de l'obligation de circuler à moins de 80 km/h sur les routes bidirectionnelles de rase campagne ? C'est probable d'autant que la mesure a fait largement la une des médias depuis ce début de l'année. Difficile pour un conducteur de ne pas avoir eu l'information et reçue des messages certes contradictoires sur les effets de la vitesse sur l'accidentalité mais suffisant pour faire réfléchir.

Il y a cependant encore des marges de progrès. D'abord parce que juin 2017 fut très médiocre puisqu'il fut un des plus meurtrier de la décennie, ensuite parce que le week-end de la pentecôte, un des week-ends de l'année les plus meurtriersse situait cette année en mai alors qu'il se situait en juin en 2017. Enfin, parce le moins mauvais mois de juin fut celui de 2016.Nous attendrons avec impatience le baromètre de juillet qui sera publié mi-août pour découvrir l'effet immédiat de la baisse de la vitesse autorisée à 80 km/h, un des mois traditionnellement les plus meurtriers de l'année.

Juin 2017 :  www.securite-routiere.gouv.fr/content/download/36927/352846/version/1/file/Barometre_ONISR_juin17.pdfSelon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 329  personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en juin 2017. Comparé au mois de juin 2016, il s'agit d'une augmentation significative de + 15,4 %. Hormis février qui s'est avéré un mois atypique par sa forte baisse (-22,8 %), le bilan du premier semestre 2017 est alarmant. Il est en augmentation de + 3,9 % par rapport au premier semestre 2016 et de 14,6 % par rapport au premier semestre 2013, année de référence pour être la dernière année à avoir connu une baisse de la mortalité. Les premiers semestres d'une année représentant en moyenne 45,5 % de la mortalité annuelle, sans inversion de la tendance, le bilan de la mortalité en 2017 pourrait s'approcher des 3 600 personnes tuées, ce qui nous ramènerait au bilan de l'année 2012. Cette spirale à la hausse a débuté en janvier 2014 après une année 2013 encourageante. Elle a touché toutes les catégories d'usagers :  En trois ans et demi, la mortalité des usagers automobilistes a augmenté de + 10,9 %, celle des cyclistes de + 22,4 % et celle des piétons de + 18,3 %.  La mortalité des motocyclistes a augmenté de + 6,4 % avec une amplification très forte ce dernier semestre. C'est d'ailleurs la mortalité motocycliste qui affecte essentiellement le bilan de ce mois de juin.

Selon les classes d'âge, l'augmentation de la mortalité des plus de 65 ans pendant la même période est de + 30,5 %. Seul constat encourageant, la baisse de la mortalité des jeunes de 18/24 ans est de - 3, 3 % tout en restant fragile.

Les facteurs explicatifs de ces tendances à la hausse sont divers. Il est ainsi probable qu'une population vieillissante et toujours plus mobile se traduit par une augmentation de leur accidentalité. Celle des cyclistes  est également en partie le résultat de l'augmentation des kilomètres parcourus à vélo. On peut également avancer que la reprise économique se traduit pas un trafic routier plus important et donc des accidents plus nombreux.

Pour autant, il n'y aucune fatalité à subir de telles évolutions. Une politique de santé publique comme celle de la Sécurité routière doit avoir pour objectif de les anticiper et de prendre les mesures de prévention adaptées.

Tel est le défi du nouveau gouvernement qui va devoir réagir rapidement pour éviter le spectre d'une mortalité routière se rapprochant tuées à l'horizon 2020 des 4 000 personnes tuées dans l'année alors que l'objectif était de moins de 2 000 personnes.

Pour cela, il faudrait éviter une multiplication des mesures et proposer un plan stratégique national 2018/2020 claire, pédagogique et immédiatement opérationnel.


Juin 2016 : La mortalité routière de juin 2016 par rapport à celle de juin 2015 connait une baisse sensible mais insuffisamment significative (inférieur à 10%). Selon l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 281 personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en juin 2016. Comparé au mois de juin 2015 où l'on avait déploré 294 morts sur ces routes, 13 personnes de moins ont été tuées, soit une baisse de -6,2%. Sur les six premiers mois de l'année, le nombre de personnes tuées est en hausse de  1,9 %, ce qui représente 29 personnes tuées en plus, par rapport aux  six premiers mois de l'année précédente. En année glissante sur les 12 derniers mois, la hausse est de 3,3%.

Il s'agit néanmoins du meilleur mois de juin jamais enregistré depuis quelques décennies. Juin 2016 ne présentait aucune particularité calendaire par rapport à 2015 avec 4 week-ends complets. D'un point de vue météorologique, ce mois est resté plutôt pluvieux alors que juin 2015 était déjà un peu plus estival. Ces conditions pourraient en partie expliquer la légère baisse de la mortalité des véhicules légers et des motocyclettes en relation avec une baisse du nombre des déplacements consécutives au mauvais temps. De la même façon, il pourrait expliquer la hausse significative enregistrée depuis le début de l'année pour les piétons

Le déroulement de l'Euro de football pouvait laisser craindre quelques dérapages comme nous en avons connu lors du Mondial de 1998. Peut-être a-t-il justement concerné les piétons mais il est trop tôt pour disposer de ce type d'analyse.

Quoi qu'il en soit, l'espérance à l'issue de ce premier semestre est de ne pas connaître une troisième année consécutive à la hausse, ce qui semble loin d'être acquis. La courbe d'évolution de la mortalité qui figure dans le baromètre de l'ONSIR montre plutôt une lente tendance à la hausse qui a débuté depuis début 2014. Il faut reconnaître que depuis l'attentat du mois de janvier 2015, la sécurité routière apparait comme un sujet secondaire par rapport à la sécurité publique.


Juin 2015 : L'évolution de la mortalité sur nos routes reste préoccupante. Certes, on peut se réjouir de la baisse enregistrée en juin 2015 de - 5,4% par rapport à juin 2014 mais ce résultat basé sur la comparaison d'un mois d'une année par rapport au mois de l'année précédente n'est en aucun cas un prédicteur de l'évolution en cours.

Plusieurs biais faussent ces comparaisons mensuelles. Le premier est calendaire. Ainsi, Juin 2014 est un mois avec cinq dimanche contre quatre cette année. Le dimanche (en moyenne 10 personnes tuées) est remplacé par un mardi (en moyenne sept personnes tuées) soit probablement trois personnes tuées en moins.

Juin 2015 n'a pas non plus connu de ponts qui parfois peuvent aggraver un bilan mensuel. Cela dit, le week-end de la pentecôte 2014 fut conforme à un week-end de printemps et n'a pas pesé défavorablement sur le bilan de juin 2014. Ce fut la semaine 21 du début de l'été et de la fête de la musique qui l'a particulièrement plombé. Cette semaine fut une des plus meurtrières de l'année sans qu'il soit encore  possible d'en trouver une explication, peut-être à trouver du côté des conditions météorologiques. Si la chaleur était au rendez-vous en 2015 comme en 2014,  2014 a été plus arrosé avec de forts épisodes orageux dans la deuxième partie du mois, plutôt défavorables du point de vue de l'accidentalité.

En conclusion, si on tient compte de l'effet calendaire (qui peut intervenir à hauteur de + ou - 3% dans le bilan de l'évolution mensuelle) et de l'effet de la météo (qui, elle, peut intervenir beaucoup plus fortement  à hauteur de + ou - 10%), il semble que ces effets n'ont joué que très légèrement en faveur de la baisse enregistrée.

Il ne s'agit que d'hypothèse qui n'aide pas véritablement à évaluer si la tendance de la mortalité est à la hausse ou à la baisse. Le seul indicateur qui permet de se faire une opinion sur cette tendance  est le nombre de personnes tuées sur les 12 derniers mois. Il permet de s'affranchir des effets calendaires et d'avoir un effet des conditions météorologiques qui se lissent plus ou moins sur douze mois.

La courbe mois par mois de cet indicateur est totalement stable depuis juin 2015 après avoir connu une tendance à la hausse tout le premier semestre 2014. Cette tendance à la hausse n'a donc pas été annulée au cours du premier semestre 2015. Le mois de juin 2015 confirme donc une certaine stabilité de la mortalité et non une baisse comme le laisse croire une analyse d'un mois d'une année sur le mois de l'année précédente.

Il y a par contre des indices qui rendent cette stabilité inquiétante. Cet indice est la tendance à la hausse de cet indicateur appliqué uniquement aux véhicules légers. Cet indicateur est en hausse continuelle depuis janvier 2014. Avec 1720 personnes tuées sur les douze derniers mois (50,6% de la mortalité), il revient à sa valeur de mai 2013.

Le trimestre qui s'annonce avait été marquée en 2015 par une tendance à la baisse qui ne s'est pas confirmée par la suite. Cette tendance trouvait notablement son explication par des conditions météorologiques particulières, notamment en juillet très pluvieux et très frais.

Qu'en sera-t-il de cet été qui s'annonce plutôt sous le signe du grand soleil et parfois de la canicule.

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