Le baromètre de septembre 2016

Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 335 personnes ont perdu la vie sur les
routes de France  métropolitaine en septembre 2016. Comparé au mois de septembre 2015 où l'on avait déploré 257 morts sur ces routes, 78 personnes de plus ont été tuées, soit une très forte hausse de +30,4 %. Sur les neuf premiers mois de l'année, le nombre de personnes tuées est en hausse de  -3,1 %, ce qui représente 76 personnes tuées en plus, par rapport aux  neuf premiers mois de l'année précédente. En année glissante sur les 12 derniers mois, la hausse est de à 4,2 %.

Avec une hausse de +30,4 %, septembre 2016 est la troisième plus forte hausse enregistrée depuis 2002 (+31,7 % en juin 2009 et +30,5 % en mars 2014). Certes, comme le souligne le communiqué de presse du ministère de l'Intérieur « cette hausse de la mortalité routière est à mettre en regard de la comparaison statistique avec un mois de septembre 2015 exceptionnel qui avait connu une baisse très forte du nombre de personnes tuées sur les routes, en partie en raison de conditions météorologiques très défavorables, marquées par
de fortes pluies et inondations ».
Pour autant, le communiqué se garde bien de comparer les mois de septembre 2016 et 2015 à celui de 2014, soit respectivement -17,3 % et + 5,7 %. Du point de vue météorologique et calendaire[ Pour mémoire, la comparaison du mois
avec le mois de l'année précédente peut varier  de + ou - 10 % en fonction des conditions météorologiques; l'effet calendaire (nombre de week-end et dates des vacances scolaires) intervenant à hauteur de de + ou - 6% et + 9%. Sur un an, l'effet calendaire est pratiquement nul et l'impact de la méteo est de + ou - 3 % (source: La sécurité routière en France -Bilan de l'année 2012 - ONISR - page 49)],
septembre 2014 et 2016 ont été assez similaires.  Seule l'évolution calculée sur les douze derniers mois a du sens : la mortalité s'élève à 3 537 personnes tuées. Il faut remonter à mars 2013 pour avoir un bilan équivalent. Au rythme de l'augmentation de 3% enregistrée
depuis janvier 2014, l'objectif de moins 2 000 personnes tuées ne sera pas atteint et nous nous acheminons vers un désastre  de plus de 4 000 personnes tuées !

Même si la Sécurité routière annonce « sa détermination à mettre en œuvre l'ensemble des mesures décidées en 2015, notamment celles prises par le Comité interministériel de la sécurité routière », il aura fallu deux ans au gouvernement pour réagir face à l'inversion de la courbe de la mortalité apparue en janvier 2014 et proposer des mesures qui ne sont pas encore opérationnelles et n'auront que peu d'effet à court terme.

Cet abandon de la politique de sécurité routière a engendré un relâchement dans les comportements des conducteurs, une désaffection pour la réalisation d'aménagements d'infrastructure, un retard  pour la mise en place d'ethylotest anti-démarrage et un arrêt des progrès  technologiques comme le LAVIA et la boîte noire.






[1] Pour mémoire, la comparaison du mois avec le mois de l'année
précédente peut varier  de + ou - 10 % en fonction des conditions météorologiques; l'effet
calendaire (nombre de week-end et dates des vacances scolaires) intervenant à
hauteur de de + ou - 6% et
+ 9%.

Sur un an, l'effet calendaire est pratiquement nul et
l'impact de la méteo est de + ou - 10 % (source: La sécurité routière en France
-Bilan de l'année 2012 - ONISR - page 49)




Les piétons en sont les premières victimes. Leur mortalité connait une très forte hausse passant de 466 piétons tués sur 12 mois en août
dernier à 539 en septembre soit une progression de +17 %. Il faut remonter à 2008 pour avoir un tel bilan.


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