Le baromètre de mai 2016

La mortalité routière de mai 2016 par rapport à celle de mai 2015 connait une hausse significative (supérieur à 10%). Après une certaine stabilité amorcée en juillet 2015, ce bilan décevant pourrait marquer la reprise d'une tendance à la hausse décelée au cours des deux premiers mois de l'année. Quoi qu'il en soit, il faut revenir à décembre 2013 pour retrouver une mortalité supérieure à la barre des 3 500 (soit 3 508 personnes tuées sur douze mois). Le bilan sur les cinq premiers mois de l'année (+3,8%) laisse ainsi craindre une troisième année consécutive d'augmentation de la mortalité, ce qui constituerait un événement qui ne s'était plus produit depuis les années 1960.  Espérons que cette crainte ne se confirme pas quoiqu'il y ait aussi à craindre un mois de juin et de juillet médiocre du fait du déroulement de l'Euro de football sur notre territoire. Ce type de moment festif est souvent accompagné d'une hausse de l'accidentalité.

On ne peut que faire le constat déjà fait depuis quelques mois que les annonces des nouvelles mesures de sécurité routière annoncées d'abord en janvier 2015 puis au CISR d'octobre 2016 n'ont encore eu aucun effet positif.
Or généralement, les mesures qui peuvent avoir un effet durable produisent dès leur annonce, sans qu'elles soient opérationnelles, une baisse de la mortalité. Ce mois de mai présentait pourtant quelques éléments conjoncturels favorables à une baisse de la mortalité : la deuxième quinzaine de mai a été marquée par les grèves des transports et surtout le manque de carburant dans les stations d'essence consécutif aux mouvements sociaux dans les raffineries. Cette pénurie de carburant a probablement réduit sensiblement le trafic routier. Une telle réduction se traduit généralement par une baisse du nombre des accidents et de leur gravité.

De surcroît, ce mois a aussi été marqué par une situation calendaire favorable. En effet, ce mois n'a connu que deux ponts au lieu de quatre en mai 2015. De plus, les vacances scolaires se sont achevées le 10 mai en 2015 alors que la rentrée scolaire était le 2 mai cette année. Cette situation aurait dû induire une baisse d'environ 5% de la mortalité. A contrario, les conditions météorologiques
ont constitué un facteur défavorable. Mai 2016 fera date inscrire avec un record de pluviométrie en durée et en intensité. Une telle météorologie est génératrice d'une augmentation du risque d'accidents impliquant les usagers des véhicules légers (augmentation des distances de freinage sur chaussée mouillée) ainsi qu'en cette période plus clémente en température, les piétons et les deux-roues motorisés (qui sortent à peine des garages).


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