Le baromètre de juin 2017

Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 329  personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en juin 2017. Comparé au mois de juin 2016, il s'agit d'une augmentation significative de + 15,4 %.

Hormis février qui s'est avéré un mois atypique par sa forte baisse (-22,8 %), le bilan du premier semestre 2017 est alarmant. Il est en augmentation de + 3,9 % par rapport au premier semestre 2016 et de 14,6 % par rapport au premier semestre 2013, année de référence pour être la dernière année à avoir connu une baisse de la mortalité.

Les premiers semestres d'une année représentant en moyenne 45,5 % de la mortalité annuelle, sans inversion de la tendance, le bilan de la mortalité en 2017 pourrait s'approcher des 3 600 personnes tuées, ce qui nous ramènerait au bilan de l'année 2012.

Cette spirale à la hausse a débuté en janvier 2014 après une année 2013 encourageante. Elle a touché toutes les catégories d'usagers :  

En trois ans et demi, la mortalité des usagers automobilistes a augmenté de + 10,9 %, celle des cyclistes de + 22,4 % et celle des piétons de + 18,3 %.  La mortalité des motocyclistes a augmenté de + 6,4 % avec une amplification très forte ce dernier semestre. C'est d'ailleurs la mortalité motocycliste qui affecte essentiellement le bilan de ce mois de juin.

Selon les classes d'âge, l'augmentation de la mortalité des plus de 65 ans pendant la même période est de + 30,5 %. Seul constat encourageant, la baisse de la mortalité des jeunes de 18/24 ans est de - 3, 3 % tout en restant fragile.

Les facteurs explicatifs de ces tendances à la hausse sont divers. Il est ainsi probable qu'une population vieillissante et toujours plus mobile se traduit par une augmentation de leur accidentalité. Celle des cyclistes  est également en partie le résultat de l'augmentation des kilomètres parcourus à vélo. On peut également avancer que la reprise économique se traduit pas un trafic routier plus important et donc des accidents plus nombreux.

Pour autant, il n'y aucune fatalité à subir de telles évolutions. Une politique de santé publique comme celle de la Sécurité routière doit avoir pour objectif de les anticiper et de prendre les mesures de prévention adaptées.

Tel est le défi du nouveau gouvernement qui va devoir réagir rapidement pour éviter le spectre d'une mortalité routière se rapprochant tuées à l'horizon 2020 des 4 000 personnes tuées dans l'année alors que l'objectif était de moins de 2 000 personnes.

Pour cela, il faudrait éviter une multiplication des mesures et proposer un plan stratégique national 2018/2020 claire, pédagogique et immédiatement opérationnel.



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