Le baromètre de janvier 2017

Janvier démarre sous de mauvais auspices. Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 257 personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en janvier 2017. Comparé au mois janvier 2016 où l'on avait déploré 236 morts sur ces routes, 21 personnes de plus ont  été tuées, soit une hausse de + 8,9%. Les mois de janvier alternent hausse et baisse depuis cinq  ans, traduisant la sensibilité de ce mois aux conditions météorologiques. Néanmoins, janvier 2017 se situe au-dessus de la moyenne qui est de 246.

Depuis janvier 2014, la mortalité est en hausse régulière, en moyenne de 2% par an, dont celle des usagers des véhicules de tourisme de
+9,5%. Quant à la mortalité piétonne, elle devient franchement préoccupante avec une hausse de +30% pendant la même période (décembre 2013-janvier 2014).

Peut-on pour autant tirer que la politique de sécurité menée depuis trois ans est inopérante 2015 ? Difficile d'en juger face à ce climat ambiant délétère qui n'encourage pas au respect des règles.

Force est de constater que la sécurité routière ne fait plus consensus. A-t-il d'ailleurs vraiment existé ?  Elle ne constitue plus aux yeux des politiques en France (mais aussi dans certains pays de l'UE touchés par le même mal) un enjeu. Elle est plutôt vécue comme une source d'ennui. Au sein d'un ministère de l'Intérieur, elle devient un sujet annexe de sa politique de sécurité publique.

 La mortalité routière devient un indicateur de référence : la grippe va faire cet hiver 3 fois plus de morts que la route, entend t-on. Petit
à petit, s'installe ainsi l'idée que nous sommes proches du seuil sous lequel il sera difficile de descendre, en attendant la voiture autonome dont on nous promet monts et merveilles. Toutes les énergies et les financements sont maintenant orientés vers ce graal.

 

Par ce biais, la sécurité routière est en train de changer de paradigme, redevenant une composante des déplacements. Dans le triptyque
conducteur/véhicule/infrastructure, le conducteur sera de moins en moins l'opérateur central du système.

 



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