Le baromètre d'avril 2016

Après deux mois consécutifs de hausse mensuelle, la mortalité routière d'avril 2016 par rapport à celle d'avril 2015 est en légère baisse de -5%. Une nouvelle hausse aurait signé une tendance à la hausse de l'insécurité routière. La tendance qui se dégage depuis juillet dernier est une certaine stabilité autour de 3450 personnes tuées sur douze mois. On remarquera que la mortalité reste ainsi à la hausse sur les quatre premiers mois de l'année (+2,1%) ainsi que sur les 12 derniers mois (+2,9%).

De ce constat, on ne peut que conclure que les annonces des nouvelles mesures faites d'abord en janvier 2015 puis au CISR d'octobre 2016 n'ont produit aucun effet positif.

Certes, certains facteurs conjoncturels pèsent en défaveur de la sécurité routière. La baisse du coût du carburant ainsi que la légère reprise économique avec une baisse du chômage génèrent habituellement davantage de déplacement et donc d'exposition au risque d'accident. Une récente étude produite par l'IRTAD (why does road safety improve when economic times are hard ? - octobre 2015) semble démontrer un lien entre ces facteurs économiques et l'accidentalité. Hélas, la France ne dispose pas d'une mesure en temps presque réel de l'évolution du trafic permettant pour le moins de confirmer le lien entre reprise économique et reprise du trafic routier.

Une analyse plus fine de ce mois d'avril permet par ailleurs de minimiser son résultat. Le calendrier situe le plus souvent le week-end de Pâques en avril, ce qui ne fut pas le cas en cette année 2016. Si cela a pénalisé le bilan très mauvais de mars, cela a légèrement bonifié ce mois-ci. Il reste néanmoins moins bon qu'avril 2013 (213 personnes tuées), 2013 étant l'année de référence pour son résultat annuel.

Par ailleurs, ce mois n'a été marquée par aucune autre situation calendaire, météorologique ou évènementielle ayant pu influer dans un sens ou un autre l'accidentalité de façon significative. Tout juste, une météorologie moins clémente conduit souvent à une légère baisse de la mortalité des deux-roues et une légère hausse de la mortalité des piétons.

L'accidentalité des usagers vulnérables reste très réactive aux conditions météorologiques alors que celle des usagers des véhicules légers l'est beaucoup moins. C'est l'évolution de la mortalité de ces usagers qui constitue l'indicateur le plus solide de l'évolution globale de la mortalité routière. Or, cette dernière est désespérément régulièrement à la hausse depuis février 2014 soit une hausse de 14% (soit de 1574 personnes tuées à 1795). Cette hausse efface la baisse spectaculaire obtenue entre janvier 2013 et juin 2013 (de 1874 à 1663 soit -11%) grâce à la communication annonçant la mise en circulation des radars dits mobiles/mobiles.


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