Le baromètre d'août 2015

La hausse de la mortalité au mois d’août (+9,5%) confirme hélas la tendance à la hausse de la mortalité constatée depuis début 2014. Certes, le facteur météorologique est mis en avant pour minimiser cette hausse. Cependant, nous avons connu d’autres étés de type caniculaire comme celui de 2003 (15 jours en juillet) ou plus semblable en 2006 (15 jours en août). Pour ces deux mois d’été, la mortalité avait reculé respectivement de -20,8 et -11,5 % alors qu’elle atteint + 14,5% cette année.

De surcroît, la configuration calendaire de ce mois d’août était plutôt favorable par rapport à celle de 2014 : ce mois comptait un vendredi de moins qu’en 2014 soit normalement une minoration de 1% de la mortalité. Le 15 août tombait un samedi limitant l’effet long week-end.

Par ailleurs, selon l’Union française des industries pétrolières, la baisse significative du prix du carburant n’a pas généré une consommation plus forte d’essence ou de diesel ne permettant pas de conclure à un trafic plus dense cet été.

Juillet 2015 enregistre une hausse inquiétante de la mortalité routière par rapport à juillet 2014, soit + 19,3%, la cinquième plus forte hausse mensuelle depuis 2002. Cette hausse confirme hélas la tendance très inquiétante  à la hausse de la mortalité apparue au cours de 2014.

La particularité de ce mois pourrait venir du fait que cette hausse est pratiquement exclusivement le fait de l’augmentation de la mortalité des véhicules légers alors qu’en juillet la forte hausse était davantage « tirée » par la hausse de la mortalité des motocyclistes. Ainsi, la mortalité sur les douze derniers mois de cette catégorie d’usagers atteint celle que nous avions en avril 2013 !

Si la comparaison de la mortalité d’un mois d’une année par rapport au mois  de l’année précédente peut ne pas être pertinente par rapport aux biais calendaires et météorologiques, il n’empêche que toute variation supérieure à + 5% doit alerter et que lorsqu’elle est supérieure à + 10%, notamment pratiquement deux mois de suite, c’est bien que nous sommes confrontés à une dégradation significative du niveau de sécurité de la circulation routière.

Faut-il alors attendre ce type d’alerte pour réagir alors que l’on connait l’inertie que l’on peut avoir dans la mise en œuvre de nouvelles mesures d’autant que l’outil de suivi mensuel dont la France dispose permet de prédire ce type de dégradation ?

Toujours est-il qu’un comité interministériel de la sécurité routière se réunit le 2 octobre en réaction à cette dégradation comme cela avait déjà été fait lors du dernier CISR en mai 2011.

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