Octobre 2015


2 octobre :

A l'issue du comité interministériel de la sécurité routière (CISR) du octobre 2015, le Premier ministre, Manuel Valls, a annoncé 22 nouvelles
mesures pour la sécurité routière et 33 mesures complémentaires. 

 Les grands chapitres de cette nouvelle étape pour la sécurité routière sont au nombre de quatre :

  1. intensifier la lutte contre les comportements dangereux;
  2. protéger les plus vulnérables;
  3. faire entrer la sécurité routière dans l'ère numérique;
  4. tous égaux devant la loi.

Ils englobent à la fois une plus grande fermeté face à des comportements inacceptables, tout en affirmant une approche nouvelle du déplacement routier, qui doit tenir compte des nouvelles technologies mais aussi répondre aux aspirations légitimes des Français en matière d'acceptabilité et d'égalité devant la règle.

Ces grands titres du CISR renvoient à 22 mesures fortes qui viennent compléter les 26 mesures mises en œuvre dans le plan d'urgence décrété en janvier par  Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur


Commentaires :


Ce très grand nombre de mesures semble compenser l'absence d'un CISR depuis le 11 mai 2011.

L'espoir du gouvernement, peut-être par la force du nombre, serait que ces 82 mesures  (22 + 33 + les 26 prises en janvier) auront un effet global pour enrayer la tendance à la hausse de la mortalité sensible depuis plus de deux ans.  Ces mesures ne proposent aucune estimation des gains en mortalité espérés  pourqu'il soit possible d'en évaluer l'impact réel sur l'ensemble de la mortalité (lire analyse des 22 mesures du CISR). De surcroît, aucune  ne semble susceptible d'avoir un effet à court terme immédiat qui permettent d'inverser la tendance à la hausse de la mortalité.


7 octobre :  Publication du baromètre mensuel du mois de septembre

L'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) annonce une baisse de la mortalité routière en septembre 2015: 262 personnes ont perdu la vie sur les routes de France, contre 317 en août 2014, soit une baisse de  de -17,4 %%. C'est 55 personnes tuées en plus par rapport au mois d'août 2014. Depuis le début de l'année 2015, la hausse de la mortalité routière s'établit à +1,8% % (sur les huit premiers mois).

Commentaires :

Le mois de septembre 2015 renoue avec une forte baisse de la mortalité sur les routes de France. Une baisse de -17,4% constitue une baisse significative par rapport au même mois que l'année précédente.

Difficile de trouver ce mois-ci l'explication de cette baisse. On remarquera qu'elle concerne exclusivement les usagers vulnérables alors que la tendance à la hausse de la mortalité des usagers des véhicules légers se poursuit de façon inquiétante. 

A trois mois de la fin de l'année, le bilan de la mortalité est toujours à la hausse de +1,9% sur les derniers mois et de 2,5% sur les douze derniers mois. Octobre 2015 pourrait décider de l'issue du bilan 2015 de la mortalité (lire l'analyse complète).


28 octobre :  Accident mortel de Puissegin

43 personnes ont péri dans l'accident de car le plus meurtrier survenu en France depuis l'accident de Beaune en 1982. Ce dernier avait le bilan terrible de 53 morts dont 44 enfants âgés de 6 à 15 ans. Cette fois, ce sont essentiellement des personnes âgées  qui sont les victimes. L'accident s'est produit sur la route départementale 17 dans le département de la Gironde près de la commune de Puissegin.

Selon les premières reconstitutions, le car circulait à sa droite dans une légère descente en virage et serait rentré en collision avec un camion de grumier semi-remorque qui se serait mis en portefeuille. Le choc a déclenché un incendie qui a embrasé le car, laissant peu de chance de s'en sortir pour ses passagers.

Commentaires :

Les accidents d'autocars suscitent toujours une vive émotion auprès de l'opinion publique dans la mesure où d'une part  le nombre de victimes est souvent nettement plus important que dans les accidents impliquant simplement des véhicules de tourisme et d'autre part, les cars impliqués sont souvent immatriculés à l'étranger. Ils font alors l'objet d'une forte médiatisation et mobilisent les pouvoirs publics. Des enquêtes administratives à l'initiative du ministre des transports sont systématiquement menées par le BEA-TT en parallèle de l'enquête judiciaire. Plus d'une vingtaine d'enquêtes de ce type  ont été réalisées depuis 2004 . Il conviendra  donc d'attendre les résultats de l'enquête judiciaire ainsi que l'enquête technique du BEA-TT pour connaître avec précision les circonstances de ce drame.

Tout au plus peut-on s'interroger sur la facilité à laquelle le feu s'est déclenché et propagé. Plusieurs pistes sont envisageables en relation avec l'inflammabilité du carburant ou du liquide de climatisation ou des matériaux composant le véhicule.


Par ailleurs, cet accident intervient au moment où la loi Macron libère le transport de passagers par autocar sur les longues distances en France, en autorisant le lancement de lignes nationales. Actuellement, un car peut faire un arrêt dans une ville française mais seulement sur une ligne qui part vers ou arrive d'une destination internationale. Cette libéralisation n'est pas sans risque de voir la fréquence des accidents de car augmentée. L'accident de Puisseguin tombe mal. Certes, il est avancé que l'on déplore que  5 accidents mortels par an et  qu'en nombre de kilomètres effectués, l'autocar est 10 fois plus sûr que la voiture individuelle et 200 fois moins dangereux que le deux-roues motorisés. En réalité,  l'autocar est seulement 3 fois plus sûr que la voiture individuelle. Pourquoi cette différence ? Tout simplement parce que les services de transport ne comptabilisent que les accidents où les victimes sont les passagers de l'autocar. Ils n'expriment que le risque pour leur passager et non pour l'ensemble des usagers.  SI les victimes sont des piétons ou un autre véhicule, l'accident n'est pas comptabilisé.  A noter que la SNCF procède de la même manière et  ne comptabilise pas les accidents mortels de passage à niveau si la personne décédée est un usger de la route. Le chemin de fer reste cependant le mode de transport terrestre motorisé le moins dangereux en terme de risque d'accident mortel (rapporté au kilomètre parcouru).


Rappel d'autres accidents de car ayant fait de nombreuses victimes :

-         2 juin 2008 :  un autocar scolaire transportant des collégiens s'immobilise sur le passage à niveau, situé sur la commune d'Allinges. Il est percuté par un TER assurant la liaison Evian-Genève. Le bilan est de 7 morts et 33 blessés dont 3 grièvement, tous passagers de l'autocar

-         23 mai 2008 : un autocar français transportant des Marocains sur l'autoroute A10, s'encastre dans une pile de pont près de Suèvres (Loir-et-Cher) (7morts et 25 blessés, dont 7 graves).

-         22 juillet 2007 lorsqu'un autocar transportant 50 pèlerins polonais tombe dans un ravin après une sortie de route en Isère, dans la descente de Laffrey. Le bilan sera  de 26 morts et 24 blessés

-         5 septembre 2006 : un autocar de touristes russes percute une benne près de Senlis (Oise), faisant 4 morts et 42 blessés.

-         22 juin 2004 : onze personnes sont tuées et 39 blessées lorsqu'un autocar marocain fait un tonneau au-dessus du rail de sécurité de la RN 10 à
quelques kilomètres au sud de Poitiers.

-         17 mai 2003 : l'accident d'un car de touristes allemands fait 28 morts et 46 blessés près de Lyon.

-         5 mars 2003 : six personnes âgées sont tuées et 19 blessées dans l'accident d'un autocar tombé dans un fossé à Châtillon-en-Vendelais (Ille-et-Vilaine).

-         17 mai 2003 : vingt-huit touristes allemands en route pour l'Espagne meurent dans l'accident d'un autocar sur l'autoroute A6, dans la banlieue de Lyon. 47 sont blessés, dont six grièvement.


Les autres pays européens  ne se sont pas épargnés par ce type d'accident. L'année 2012 restera marquée par l'accident survenu en Suisse dans le tunnel de Sierre le 13 mars 2012 sur l'A9 près Sierre dans le canton du Valais. Sur les 52 occupants de l'autocar, 28 personnes, dont 22 enfants, sont tuées.





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